Musiques Singulières

  Ce blog correspond aussi à une émission sur Radio Primitive, Reims, la plupart des dimanches de 22 à 23 heures et plus.
   Merci à Elaine Ling, qui m'a autorisé à utiliser l'une de ses photos pour la bannière. Visitez son beau site ! La photographie originale est dans la section "Stone : East".
Pour mieux partager encore mes passions, j'ai accepté de rejoindre

Présentation

  • : Inactuelles, musiques singulières
  • inactuelles
  • : 20/02/2007
  • : musique électroniques du monde expérimentales contemporaines Musique
  • : Chronique des musiques singulières : contemporaines, électroniques, expérimentales, du monde parfois. Entre actualité et inactualité, prendre le temps des musiques différentes, non-formatées...
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Vendredi 13 novembre 2009
   Ancien carillonneur, organiste et pianiste maître du "strumming", Charlemagne Palestine a rencontré le compositeur et violoniste Tony Conrad dans les années soixante où ils ont joué ensemble de leurs instruments respectifs, mais aussi d'instruments de leur invention comme le "long string drone" de Tony et "l'alumonium" pour lui,  avant de le perdre de vue pendant plus de trente ans. Au début des années 2000, ils se retrouvent en Belgique où Philippe Franck de Transcultures organise une série de concerts : ils joueront à nouveau ensemble, et le résultant est tellement sidérant qu'un disque naît, fruit d'un "aural symbiotic mystery", titre qui sera donné à l'album paru en 2006 chez Sub Rosa.
  Voilà pour l'histoire des retrouvailles entre ces deux géants des débuts du minimalisme, avant que la génération Steve Reich ne l'infléchisse vers une tendance répétitive.à la fin des années soixante. Toujours vivants, plus que jamais, ils marient le strumming , les drones, les sons tenus, pour envelopper l'auditeur dans un réseau serré d'harmoniques, de résonances dont l'effet est hypnotique. La musique progresse par nappes, se déploie avec lenteur ou dans un climat de transe. L'orgue en fond continu joue un peu le rôle de la vînâ dans la musique indienne, musique que les deux compères ont étudiée et pratiquée depuis longtemps. Le violon est souvent méconnaissable, son épais, comme écorché, saturé, trituré par des étirements, avec le piano qui vient se loger dans la pâte sonore, rejoint à mi-parcours de cet unique morceau d'un peu plus de cinquante et une minutes par la voix de Charlemagne à pleins poumons dans ce qui devient de plus en plus un  magma en suspension travaillé par le pulse obstiné du piano, avec d'imprévisibles chutes de tension, des stases fabuleuses. Symbiose, en effet, entre les deux  musiciens qui n'ont rien préparé : ils jouent ensemble, c'est tout et c'est totalement inouï, inoubliable, une musique qui balaye, torrentielle par accès. Il arrive que le violon rie, qu'il rabote le temps tandis que l'orgue pleut des tuyaux de lumière, que la voix et le violon s'orientalisent dans des aigus tordus de cornemuse étranglée, un chant de gorge chamanique... Une rencontre au sommet, le disque rare de deux chercheurs d'absolu.
Paru en 2006 chez Sub Rosa, le label bruxellois si précieux dans le domaine des musiques contemporaines, expérimentales, électroniques...Enregistré au théâtre Mercelis de Bruxelles en octobre 2005.
Pour aller plus loin
- un article antérieur sur un autre album de Charlemagne Palestine.
- le site officiel de Charlemagne Palestine.(avec une page d'accueil à son image...et le reste qui semble à l'abandon !)
- un entretien avec Daniel Varela en juin 2002, très intéressant (en anglais)
- Tony Conrad sur MySpace.
- et bien sûr Néosphères (dans mes blogs favoris).
- une vidéo : Charlemagne Palestine en concert le 28 août 2009 à la Lygten Station de Copenhague (laissez la vidéo se charger pour éviter les coupures déplaisantes).

Programme de l'émission du dimanche 8 novembre 2009
Zahia : Mon arme bleue / Je gis sur le sol / Je suis / Jeune algérienne (pistes 2-3-5-7, 15' ), extraits du disque éponyme (pour les références, voir article précédent)
Charlemagne Palestine / Tony Conrad : l'intégrale de an aural symbiotic mystery (Sub Rosa, 2006)
Par Dionys - Publié dans : Musiques contemporaines / expérimentales - Communauté : Post rock, expérimental...
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Samedi 7 novembre 2009
   Un coup de cœur pour reprendre le fil distendu de ce blog (le temps de faire le vide de l'oreille pour mieux recevoir l'or qui raye le néant...). Des mots qui sonnent justes sur des environnements sonores électro, post-rock, posés au millimètre, au ras du silence dont ils n'ont pas peur. "Je suis nature / je suis mature / Je suis rature", la marque du slam qui slalome entre les mots, avec Salomé Barrot pour les très belles photographies, Selecta Seb pour les textes et Bruit : fantôme pour la musique. C'est une tribu qui contribue à dire la première personne d'aujourd'hui, "rester planté là / au milieu du carrefour / désorienté par la circulation", prendre le temps d'ouvrir la boîte aux souvenirs, de vibrer à l'appel "d'un doux rêve".
   Voyage vers les racines oranaises, la grand-mère qu'il n'a pas connue auquel le disque rend  un touchant hommage au terme d'un parcours qui parvient à déjouer les pièges du nombrilisme grâce à une salutaire candeur car, oui, Sébastien Seb est tel un candide qui se cherche dans l'indifférence du monde, sur fond de terribles fantômes qui ressurgissent au final, après l'évocation de Zahia suivie d'un long silence, le retour des trois lettres FIS, celles du Front Islamique du Salut, morceau torturé, puissant, inquiétant, après tant de rêveries qui ne cèdent pas à la mièvrerie, pas même la "Jeune algérienne", descendante de ces odalisques de harem, des algériennes peintes par Delacroix. Le disque est conjuration, exorcisme frais déployé autour de l'hymne à l'Afrique-mère (titre 9), parce qu'il y a en lui le refus de laisser aux Occidentaux "la joie d'occider ces gens là-bas" : titre ensorcelant, incandescent qui débouche sur l'apologie de la vie (titre 10) - et là j'entends les ricanements de certains lecteurs, mais après des propos qui sembleront parfois bien lénifiants, le morceau décolle dans une vision lucide d'un monde en voie de machinisation, la musique se fait implacable, presque techno, les mots se déchaînent et s'enchaînent. Parce que "l'homme derrière son costume a toujours un cœur" dans ce disque gorgé de douceur, d'effleurements et de caresses, qui croit encore dans les mots simples. Une invite salutaire à cesser de jouer les durs, à s'abandonner à l'effusion pour vivre l'infusion mystique.
11titres (+1 caché), environ 45 minutes.
Pour aller plus loin
- Zahia sur MySpace.
- L'album est en téléchargement intégral libre sur le site de Zahia.
Par Dionys - Publié dans : Pop-rock et chansons alentours - Communauté : Post rock, expérimental...
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Mardi 27 octobre 2009
Un extrait de la musique d'Andrew Byrne : en concert au Poisson blanc à New-York, avec le pianiste Stephen Gosling et le percussionniste David Shively.

Programme de l'émission du dimanche 18 octobre 2009
Raoul Sinier : Listen close, extrait de la compilation Dixtengo
Andrew Byrne :
Part II & III (pistes 4 à 9, 14' ), extraits de White bone country (New World Records, 2009)
David Lang : the little match girl passion (p.10 à 15, 15' ), extraits de the little match girl passion (Harmonia Mundi usa, 2009)
John Luther Adams In a room / at a still point (p.1-2, 21' 10), extraits de the place we began (Cold Blue Music, 2009)
Frederic Rzewski : Dreadful memories / Which side are you on ? (p.1-2, 16' ), extraits de Which side are you on ? (Cantaloupe Music, 2003). Deux des "North American ballads" interprétées au piano par Lisa Moore, qui vient de sortir un nouveau disque consacré à la musique pour piano de Don Byron. C'est l'occasion de revisiter le site de Cantaloupe music, nettement amélioré, avec des MP3s disponibles.

Par Dionys - Publié dans : Musiques contemporaines / expérimentales - Communauté : Post rock, expérimental...
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Jeudi 22 octobre 2009
   Australien installé à New-York, Andrew Byrne balise de nouveaux territoires entre post minimalisme et expérimentations autour des polyrythmies, des musiques  extra-européennes. White bone country, le second cd à lui être exclusivement consacré, est un disque qui peut paraître froid, désincarné à première écoute, ce qui ne serait pas en contradiction avec la signification du titre : pays de l'os blanc, blanchi, pays désossé de sable et de sel...Le disque est en somme à l'image du désert. D'abord on ne voit que du dénuement, de la matière pure, de l'horizon. Puis l'oeil s'habitue, toute une vie minuscule surgit, tout se met à vibrer d'une lumière étrange et belle. Ainsi en est-il de cette musique qui se révèle après quelques écoutes fascinante.
   Le programme propose deux cycles séparés par un morceau de piano, "Tracks", presque le seul moment où l'on entend l'instrument sonner normalement : composition au dynamisme vigoureux, jouant sur des  polyrythmies complexes, des glissements comme dans une dune de sable qu'on escaladerait en accéléré pour se retrouver à intervalles irréguliers plus bas et recommencer la montée sans se lasser...Les neuf premières pistes présentent le cycle éponyme, pour piano et percussions, subdivisé en "Desert Terrain", "Desert Life" et "Desert Weather". Cela commence comme du Steve Reich, avec un vrai pulse percussif. (premier mouvement à écouter ici) Mais Andrew Byrne joue sur la quasi fusion des sonorités traitées du piano et des percussions : nous voilà plongés dans l'univers trompeur du désert qui abolit les différences, nivelle. Monde de micro-différences, d'unités rythmiques fragmentées à l'extrême, réitérées et redistribuées jusqu'à ce que surgissent de nouveaux motifs, que de la sécheresse nerveuse des aigus frappés naissent des sonorités cristallines, rayonnantes. Magnifique ouverture, sur laquelle s'élève le strumming à la Charlemagne Palestine de la pièce suivante, comme l'aura majestueuse du désert, gorgée d'harmoniques. Du vide naît la plénitude. L'auditeur est maintenant prêt à entendre le chant du désert. Crotales, cristaux en suspension dans la lumière radieuse (à écouter ici). Piano massif et rocailleux accompagné de gongs  incantatoires dans le lointain trouble. Piano et cloches, courte pluie diaphane, miraculeuse. Piano déguisé en cloche, coups frappés à l'intérieur, terre de fantômes. Piano seul, condamné au martèlement, ivre d'échos. Invasion des graves, le côté tellurique, chaos de roches, approche de tempête, et le neuvième mouvement revient sur les 2 et 5, une danse de particules du piano-jouet, des crotales et du glockenspiel.
   Le second cycle, "Fata Morgana : Mirages on the horizon", comprend quatre mouvements composés d'assemblages des sons du piano préparé. La référence à John Cage est explicite, assumée. Quatre paysages d'une étrangeté troublante, avec des échos aux pièces du premier cycle. Le piano se fait orchestre de gamelan à lui tout seul, obstiné, métallique, sautillant.
Paru en août 2009 chez New World Records (échantillons en écoute)/ 14 pistes, 55 minutes.
Pour aller plus loin
- le site d'Andrew Byrne (trois autres trop courts extraits en écoute).
Par Dionys - Publié dans : Musiques contemporaines / expérimentales - Communauté : Toutes les musiques
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Samedi 17 octobre 2009
   Puisque j'évoquais dans l'article précédent les œuvres de David Lang consacrées aux percussions, voici un trop court extrait de "the so called laws of nature" (cf.article), interprété en public par le formidable ensemble So percussion à l'occasion du Bang On A can marathon 2008.

Bang On A Can Marathon 2008 - David Lang "So Called Laws of Nature" from Justin Levine on Vimeo.

 

Programme de l'émission du dimanche 11 octobre 2009

del cielo : Faut pas lâcher ça / In memory of Paul Quarter / La plateforme arrière du train (pistes 1-6-9, 8' 30), extraits de sous les cendres (Idwet, 2009)

Aufgang : Aufgang / Soumission (p.8-9, 17' 15), extraits de (sans titre, InFiné, 2009)

Andrew Byrne : Fata Morgana : Mirages on the horizon (p.11 à 14, 17' 45), extraits de White bone country '(New World Records, 2009)

David Lang : the little match girl passion (p.1 à 9, 20' ), extrait de the little match girl passion (Harmonia Mundi usa, 2009)

Par Dionys - Publié dans : David Lang, Bang On a Can & alentours - Communauté : Post rock, expérimental...
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