Musiques Singulières

  Ce blog correspond aussi à une émission sur Radio Primitive, Reims, la plupart des dimanches de 22 à 23 heures et plus.
   Merci à Elaine Ling, qui m'a autorisé à utiliser l'une de ses photos pour la bannière. Visitez son beau site ! La photographie originale est dans la section "Stone : East".
Pour mieux partager encore mes passions, j'ai accepté de rejoindre

Présentation

  • : Inactuelles, musiques singulières
  • inactuelles
  • : 20/02/2007
  • : musique poésie pho électroniques expérimentales Musique
  • : Chronique des musiques singulières, non-formatées, dans le domaine des musiques contemporaines, électroniques, du monde parfois. Entre actualité et inactualité, prendre le temps des musiques exigeantes...
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Vendredi 10 juillet 2009
  J'aime toujours beaucoup la musique de Duane Pitre. Avec lui, la musique de chambre s'étire, se fait voluptueuse, s'enroule autour du temps qui perd son agressivité. Lente hypnose qui le décompose pour qu'il se pose au centre des choses..., au centre de notre incessante et méconnue métamorphose.
  Un extrait d'une de ses compositions, ED09, en concert.

Cette composition fait l'objet d'une publication en CD à série limitée, disponible ici.
Par Dionys - Publié dans : Musiques contemporaines / expérimentales - Communauté : Post rock, expérimental...
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Mardi 7 juillet 2009
   Finian Greenall, alias Fink, persiste et signe un nouvel album de chansons entre folk, trip-hop, soul et blues. Après Biscuit for breakfast et Distance and time, Sort of revolution éloigne plus que jamais le gallois de ses platines. Guitare sèche et voix, c'est la base de compositions simples, mélodieuses, étoffées çà et là avec un rare discernement. "Come so far", le premier titre se déploie lentement sur un rythme discret, cordes qui crissent, claquements secs, choeurs en sourdine, petites touches de piano, de Fender Rhodes aussi, avec un côté presque reggae vers la fin. Tout est dit, Fink travaille dans de la belle dentelle. Dès le deuxième titre, "Move on me", on sait qu'on n'oubliera plus ce bijou. Composé et interprété par John Legend au piano, il permet à la voix grave et chaude de Fink de montrer tout son potentiel de séduction bluezzy. Des cordes se joignent à la mélodie hypnotique, puis tout s'efface, ne restent que le piano et les coups frappés sur la guitare pour une coda mélancolique très belle. La guitare, frappée et grattée avec parcimonie, revient en force avec "Six weeks", blues lancinant et dépouillé dont l'économie est prolongée de quelques nappes électroniques. Ce qui frappe à chaque fois, c'est le sens de la mesure, rien d'appuyé, des ajouts qui forcent l'attention plutôt que de l'accaparer. Vous allez me dire, voilà justement la musique, la vraie, je suis d'accord, mais force est de reconnaître que les orfèvres sont rares, que beaucoup de chanteurs / compositeurs travaillent plus avec le bulldozer qu'avec le burin du graveur, non ? "Nothing is Ever finished" étale sa nonchalance feutrée, "temptation happens to everyone", pourquoi se hâter puisque "Baby blue, i wa Voici l'homme ! nt to kiss you", cela s'appelle la sensualité. Deuxième chef d'oeuvre avec "See it all", piano à nouveau, en boucles rapides, coups frappés sur la caisse de la guitare, la voix nue, presque a capella entre les cellules harmoniques, le morceau s'amplifie par brefs moments lyriques, cymbales rares, batterie sèche, fin chorale à tendance minimaliste superbe. "Q&A" , claquements de mains, murmures en choeurs sourds, coups métalliques, est le morceau le plus soul ou gospel, là encore très tenu, aéré, émaillé de trouvailles sonores par touches légères. De la musique à déguster avec toutes nos papilles auditives, affalé dans un divan moelleux, en bonne ou mauvaise compagnie !! "If I had a million" fait claquer les cordes, la voix se laisse glisser dans des répétitions lancinantes, et je ne crie pas au scandale, car la pauvreté, on la sent un choix esthétique, pas une limitation de l'inspiration. Battements et intrusions sonores diverses animent le frémissant "Pigtails", marqué par une splendide micro-intervention d'harmonica. Ouverture à l'orgue électrique pour "Maker", joli morceau à nouveau très soul, avec une allure dub marquée et une courte flambée de guitares électriques un peu avant la fin. L'album se conclut par "Walking In the Sun", voix  -cette voix qui me fait penser à Chris Whitley, et guitare, à la fois dépouillé et si chaleureux, que de courts fragments choraux tirent à nouveau vers le gospel. Le parcours est impeccable, aucun morceau faible, pas de remplissage.
Paru en mai 2009 chez Ninja Tune / 10 titres, environ 50 minutes.
Pour aller plus loin
- Ma liste de titres de Fink.

- Fink sur MySpace.
- le site de Fink.

Programme de l'émission spéciale du dimanche 5 juillet 2005 (dernière avant la reprise en septembre)
Fedaden : Danseur inutile (avec Dominique A, piste 2, 4' 59)
                         Music box / Mélodie (p.4-5, 8' 24), extraits de Broader (Nacopajaz, 2009)
Torso : Mona / Je suce des piles au lithium / Dresseur d'animaux (p.2-3-5, 12' 30), extraits de Rien de nouveau [en quelque sorte] (Factotum records, 2009)
Fink : Move on me / See it all (p.2-5, 9' ), extraits de Sort of revolution (Ninja Tune, 2009)
Neon : 22:22 / Il se faufila entre les arbres (p.1-2, 6' 23)
                perpétuelle / La mer, indifférente (p.3-', 6' 09), extraits de au théâtre des sons imaginaires (¨Poeta Negra, 2007)
Daniel Lentz : Point conception (p.1, 36' 48), extrait de Point conception (Cold blue music, 2007)
Spyweirdos : Seven ways to kill a tree / Come down (p.1-2, 6' 08)
                                Swamp of sorrow / Desert people (p.3-4, 5' 40), extraits de Seven ways to kill a tree (Creative space, 2007)
Nota Le blog restera en principe actif en juillet et (un peu moins...) en août.

Par Dionys - Publié dans : Pop et alentours - Communauté : Toutes les musiques
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Jeudi 2 juillet 2009
flight from samarkand                                                                                                        Peu de temps en ce moment à vous consacrer, chercheurs de musiques singulières...J'ai trouvé, en guise d'intermède, d'interlude, cette petite vidéo avec des marionnettes sur une musique de Vizier of Damascus : lotte reinger studios vizier of damascus rework for HELMI SALIM STUDIO YEMEN.  Bon voyage !
Par Dionys - Publié dans : Musiques électroniques etc... - Communauté : Les Musiques électroniques
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Samedi 20 juin 2009
   Le récemment défunt label grec Poeta negra n'a pas fini de livrer ses trésors. Keene, un trio composé de Kostas Giazlas, Haris Martis et Dimitris Mitsopoulos, renforcé parfois du violoncelliste Evi Kazantzi,  au départ un projet audio-visuel, propose une musique alliant sons acoustiques et textures électroniques pour créer des ambiances denses, volontiers incantatoires, répétitives parfois. "Patch", le premier titre, juxtapose notes obsédantes de guitare et appels troubles de claviers, échantillons sonores de bruits divers. "Stroked trees" commence par une belle intro très mystérieuse au piano et aux claviers, puis surviennent guitare et cordes en vagues épaisses, peut-être un trombone en fond, le morceau avance dans la forêt inconnue, rythmé par une pulsation profonde, tranquille, qui ignore les accidents sonores surgis de tous les coins de l'espace. Musique architecturale, en réfractions multiples, comme, sur la couverture de l'album, cette structure du Prada Epicentre Store de Tokyo, conçu par le bureau d'architecture suisse Herzog & De Meuron. Ouverture en apesanteur pour "The River", le titre 3, avant une rupture inattendue, l'entrée en force d'une guitare électrique en boucle courte, du violoncelle plaintif sur bruits de pas qui résonnent lourdement, courant puissant et lent qui charrie tout jusqu'à ce que le violoncelle demeure presque seul en scène, que tout reparte plus puissamment encore tandis que l'arrière-plan se charge d'alluvions bruitistes, avant un duo inégal entre le violoncelle très en avant et la guitare peu bavarde accompagnée d'une clochette lointaine, coda mélancolique avant "Here", morceau pointilliste tout en perspectives lointaines, lui-même sorte d'interlude pour "Weir of fog", collage subtil de piano léger, appels étranges de claviers-cors, grappes de notes de cordes, entrecoupé de micro-silences. La musique de Keene tient du cristal, prismatique, tout en surgissements, en métamorphoses permanentes. "Door on glass", le titre 6, est magistral, inoubliable : dialogue en boucle obsessionnelle entre le piano et la guitare, ponctué de poussées de claviers. On est enfermé dans le labyrinthe, la structure s'opacifie, la tension monte, reflue, rendue sensible par la disparition progressive du piano, englouti sous d'autres boucles d'une sorte de glockenspiel synthétique. La musique devient hantée avec "Cave of error", peuplé de voix fantômales, de chuintements et de rumeurs, le violoncelle déploie un lamento lamentable, un rituel de sorcellerie se tient là-bas, dans les tréfonds. Nous voici devant la clôture, "The Fence", adagio majestueux en canon à la Arvo Pärt (encore lui, source d'inspiration très fréquente...), cordes élégiaques ad libitum, quels trains partiront pour quels ailleurs... Un des excellents albums de ce label consacré aux musiques électroniques-expérimentales.
Label : Poeta Negra, 2007 / 8 titres, environ 45 minutes
1   Patch (3:12)
2   Stroked Trees (8:37)
3   The River (9:12)
4   Here (1:34)
5   Door On Glass (5:14)
6   Weir Of Fog (7:59)
7   Cave Of Error (4:08)
8   The Fence (6:07)
Pour aller plus loin
- trois morceaux disponibles ici.(les 1, 2 et 6)
- pour acheter le disque ici.
Programme de l'émission du dimanche 14 juin 2009
Sonic Youth : Sacred Trickster / Anti-orgasm (pistes 1 et 2, 8' 20), extraits de The eternal (Matador Records, 2009)
Michael Rother : Feuerland (cd2, p.7, 7' 20)
Rune Lindblad : Till Zakynthos (cd2, p.10, 13' 39), extraits de an anthology of noise & electronic music, vol.3 (Sub Rosa, 2005)
An on Bast : Foible / used to S / the purpose of sleep (p.2-6-7, 13' 30), extraits de Words are dead (Rednectic Recordings, 2007 ?)
Vizier of Damascus : Lectures / Secretive modesty living on top of the London rainbow / Lament halves (p.1-2-4, 9' 30 ), extraits de Badshahi (Rednetic recordings, ?)
John Balke : Giada / scintilla / Spread / Castello / Resilience (p.1 à 5, 16' ), extraits de Book of velocities (ECM, 2007)
Par Dionys - Publié dans : Musiques électroniques etc... - Communauté : Les Musiques électroniques
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Mardi 16 juin 2009
   Non, je ne vous abandonne pas, c'est le temps qui me fait défaut depuis quelques jours. La matière ne manque pourtant pas, soyez rassurés. Je ratisse les ondes, le net surtout, vaste prairie fleurie de petites maisons de disques attachantes, qui méritent bien mieux que la petite niche où l'incuriosité, le conformisme...et le mercantilisme ravageur tendent à les confiner. Après avoir débusqué Debruit&desilence, ce très beau label parisien, je braque mon puissant projecteur sur Rednetic recordings, label anglais consacré aux musiques électroniques. C'est en suivant la piste d'An on Bast, artiste de la scène électro polonaise, que j'ai trouvé son asile actuel et que j'ai ainsi pu me procurer son deuxième disque, Words are dead, un sept titres dans la lignée de Welcome scissors : électro délicate, tout en textures fines, avec des flambées lyriques inspirées de musiciens comme Mozart, Liszt ou Arvo Pärt. Elle invoque également l'influence d'Autechre..."sth important", le quatrième titre, est sans doute le sommet : claviers en boucles lancinantes, beats démultipiés, texte dit fragmenté et traité comme la pâte feuilletée musicale. Du très beau travail, décidément une artiste à l'univers très personnel.
   Sur le même label, après quelques écoutes, j'ai aussi déniché
Arfan Ezra Munir Rai, alias Vizier of Damascus, un anglais dont les racines familiales sont en Arabie, vers Samarcande, bref dans un Orient peut-être en partie fantasmé -comme on peut le voir sur son site Myspace. "Badshahi", un neuf titres, est un disque prenant inspiré par ses voyages de la Lybie à l'Ouzbékistan. Morceaux emprunts d'une poignante mélancolie, avec "Lament halves", lui aussi très inspiré par l'estonien Arvo Pärt, un canon magnifique piqueté de beats et de scratches ; paysages sonores apaisés, baignés de lumière diffuse dans l'hypnose des soirs interminables, comme sur le titre éponyme hanté par un hypothétique muezzin. L'impression que le temps s'est arrêté, soudain, immémorial à jamais, déconnecté de toutes les folies humaines. Il y a du mystique chez ce voyageur en quête d'origines, sculpteur attentif d'espaces sonores denses déchirés par des percussions erratiques.
Pour aller plus loin
- le site de Rednetic recordings, sur lequel vous trouverez des extraits à écouter.
- la page Myspace de An on Bast : je vous recommande particulièrement "cyesmolik".
- la page Myspace de Vizier of Damascus, très belle.
- une vidéo sur "Foible", deuxième titre de Words are dead. Vous pourrez la voir en direct sur la vidéo associée suivante, sur le titre 5, "moonsiso".

Programme de l'émission du dimanche 7 juin 2009
Fink : Move on me / Six weeks / Nothing is ever finished (pistes 2 à 4, 11' ), extraits de Sort of Revolution (Ninja Tune, 2009)
Doctor Flake : Comedy / Loveless / Fin (p.10 à 12, 8' 10), extraits de Minder surprises New deal / Differ-ant, 2009)
Louisville : the only thing to come now in the sea / Soir / Forest (p.4 à 6, 16' ), extraits de a silent effort in the night (debruit&desilence, 2009)
Keene The River / Here / Weir of fog (p.3 à 5, 16' ), extraits de The River and the fence (Poeta Negra, 2007)
Par Dionys - Publié dans : Musiques électroniques etc... - Communauté : Les Musiques électroniques
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