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Musiques Singulières

    Pour les amateurs de dépaysement, de découvertes. Formats longs bienvenus : prendre le temps de la musique !
    Index des musiciens à votre disposition dans la Catégorie du même nom.
Créé le 20 février 2007, ce blog prolonge une émission sur Radio Primitive, Reims, la plupart des lundis de 22 à 23 heures. 
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21 janvier 2010 4 21 /01 /janvier /2010 15:40
Ingram Marshall - September Canons
  De drame et d'éther
   Introduction majestueuse, brumeuse : les violons frémissent sur place tandis que le violon soliste chante éperdu sur les eaux primordiales. Pas de doute, on est bien sur la galaxie Ingram Marshall, compositeur américain passionnant né en 1942. Pionnier de la musique électronique la plus radicale, assistant de Morton Subotnick au California Institute of Arts, connaisseur de la musique de Java et Bali qu'il a étudiée lors d'un voyage effectué en compagnie de Charlemagne Palestine, il refuse de se laisser enfermer dans un style, une tendance. Dans les marges du minimalisme, il écrit une oeuvre post-romantique hantée par Sibelius, Bach et Charles Ives, ou encore les hymnes de son pays. Aucun dogme, une recherche constante du beau : « Le mot "beau" est difficile à définir, mais d'une certaine manière, il est toujours à l'arrière-plan de ma pensée lorque je compose. Je cherche toujours une expression du magnifique, du beau, du splendide, du sensuel, quelque chose qui saisit, qui est palpable et qui n'est pas désagréable en surface. Je pense vraiment qu'une expérience musicale devrait être enveloppante, et que la réussite d'une pièce est liée à l'implication totale de l'auditeur, presque d'une manière narcotique - pas pour s'enfermer dans une transe, mais pour être vraiment en elle. » Ces propos d'Ingram sur le livret d'accompagnement de "September Canons" sont la base de son art de la composition en tant qu'art poétique en effet. On peut y ajouter cette remarque, qui relativise l'importance de la structure : « La structure est très importante, mais j'en suis venu à faire confiance à mon attirance intuitive pour le sombre et le beau et l'inépuisable. » Les quatre titres de cet album en sont une éblouissante illustration, en même temps qu'ils offrent une traversée à rebours de trente années de composition.
   "September Canons" (2002) - en écoute plus bas - ouvre l'album de manière somptueuse, bel exemple de la manière dont Ingram Marshall transcende l'électronique. Pièce pour violon avec processus électroniques, notammment d'amplification et de retardement, c'est un lamento sur les événements du 11 septembre 2001, d'où son titre. Rien de funèbre pourtant, un lyrisme voluptueux qui transporte très loin, avec cette faculté  impressionnante de donner à entendre les esprits, une musique spirite en un sens, envahie par des nuées virevoltantes, des balbutiements de pizzicati.
  "Peacable Kingdom" combine des sons enregistrés lors d'une procession funéraire sur l'île dalmate de Korcula, des sons de cloche d'église à Belago en Italie, et un ensemble de chambre. C'est au départ une commande d'un cousin de sa femme, fatigué d'entendre  toujours les mêmes marches funèbres  dans cette île où un enterrement est une affaire collective. L'atmosphère est sombre, sans doute influencée par l'histoire pleine de violence et de guerre de la Yougoslavie, mais Ingram précise qu'il pensait beaucoup à une vieille ferme du Vermont baptisée "The Peacable Kingdom" par ses habitants.  La guerre est effacée par un lieu référent à une imagerie pacifique. Là encore, un pas de côté vers l'ailleurs, les circonstances dépaysées pour que surgisse la beauté , pour que s'engouffre le sublime.
   "Woodstone" (1981) est un double hommage. C'est la seule composition pour orcherstre gamelan d'Ingram  -un orchestre non pas indonésien ici, mais bien américain, The Berkeley Gamelan, qu'assez facétieusement il se plaît à farcir d'un thème emprunté à la Waldstein Sonata de Beethoven !  Le titre est l'équivalent anglais de "Waldstein". En tout cas, le résultat est un morceau réjouissant aux sonorités cristallines et transparentes, ponctué de brefs moments introspectifs ouatés d'ombres.
   La flûte gambuh, la plus grande des flûtes de la musique balinaise, déploie ses mystères dans le dernier titre, entièrement interprété par le compositeur, qui joue aussi du synthétiseur et utilise en direct des processus électroniques. On remonte aux années 70, pendant lesquelles il élaborait "The Fragility Cycles", dont on trouve des fragments épars dans sa discographie. Magnifique fragilité, évanescente et tendre, lointaine et insinuante, très proche dans l'esprit et les inflexions de la symphonie pour cuivres et synthetiseurs "Light over Water" composée par John Adams en 1983, une des meilleures compositions de ce dernier, publée d'ailleurs sur le label New Albion, comme la majeure partie de l'oeuvre d'Ingram Marshall.
   Le disque n'est toutefois pas sorti sur New Albion, qui semble en veilleuse, mais sur New World Records, qui accomplit un travail remarquable de diffusion des musiques américaines les plus... singulières !
Pour aller plus loin
- ma chronique d'un disque précédent d'Ingram, Dark Waters.
- la sonate n°21 de Beethoven en écoute ici (je ne recule devant rien !).
- un bel article consacré à Ingram Marshall sur Néosphères.
- "September canons", le premier titre, en écoute ci-dessous :

                                                             
14 janvier 2010 4 14 /01 /janvier /2010 17:22
   Hendrick Weber, alias Pantha du Prince, connu aussi sous le nom de Glühen 4, Dj, compositeur et bassiste notamment du groupe Stella, sort début février son troisième album, "Black noise". L'allemand a quitté le laPantha du Princebel de Hambourg Dial Record, surtout connu dans le milieu de la deep house, pour signer chez le britannique Rough Trade, marqué rock, mais reste fidèle à une musique électronique minimale, au croisement de la techno et de la house. Musique limpide, à l'image du lac de montagne de la pochette. Cloches et clochettes, peut-être sous l'influence d'un récent séjour dans les Alpes suisses. Micro-bulles rythmiques, prédominance d'éléments percussifs métalliques et cristallins, sont la base d'une œuvre sous-tendue de sons enregistrés en pleine nature, ces sons dont le spectre sonore échappe en partie aux processus d'enregistrement, d'où le titre de bruit noir choisi, l'expression désignant ce bruit silencieux au cœur des compositions. Certains titres font songer au gamelan de Java et Bali, tant l'électronique fait surgir un orchestre cohérent de métallophones qui déploie d'arachnéennes structures cycliques. Les ombres d'Autechre  ou d'Aphex Twin planent aussi sur cet univers d'abstraction vibrante et lumineuse. L'intensité ramassée des premiers titres laisse peu à peu la place à des paysages sonores sublimes aérés de sobres envolées aériennes. Un superbe parcours qui s'achève sur le carillonnant - tourbillonnant "Es schneit", magnifique apothéose !
Pour aller plus loin
- Trois morceaux en écoute ici, dont "Es schneit".
- Pantha du Prince sur MySpace
- le site de Pantha du Prince

Programme de l'émission du dimanche 20 décembre 2009 (Je suis un peu en retard, je sais...)
The Unthanks : Annakie gordon / Nobody knows she was there (pistes 3-8, 14' 10), extraits de here's the tender coming (The Leaf Label, 2009)
Nancy Elizabeth :
Winter, baby(p.11, 3' 10), extrait de Wrought iron (The Leaf Label, 2009)
Evangelista : Crack teeth / On the captain's side (p.6-7, 14' ), extraits de Prince of truth (Constellation, 2009)
Dan Trueman : It is not in the eye / Martin's garden (p.1-2, 8' 30)
                                    The piano student's assigment book / Matisse's garden lesson (p.3-4, 10' 10), extraits de Five gardens (and-a-half) (Shhh Productions, 2007), interprété par So Percussion + Trollstilt
Ingram Marshall :
September canons (p.1, 13' 13), extrait de September Canons (New World Records, 2009

9 janvier 2010 6 09 /01 /janvier /2010 12:24
So Percussion : parce que les percussions sont les nouveaux violons.  Trollstilt : du folk aux musiques électroniques  Revoilà nos percussionnistes de So Percussion (Eric Beach, Josh Quillen, Adam Sliwinski, et Jason Treuting), cette fois au service d'un compositeur et polyinstrumentiste étonnant, Dan Trueman, cheville ouvrière du duo Trollstilt. Dan joue du violon traditionnel norvégien, mais aussi d'autres violons, et utilise volontiers son ordinateur portable, si bien que sa musique transcende allègrement les genres. Monica Mugan pratique la guitare classique et des guitares à cordes en acier. Pour "Five gardens (and-a-half)", sorti en 2007 sur le label Shhh Productions, le renfort des gars de So Percussion propulse cette musique parmi les plus expérimentales d'aujourd'hui. Le résultat n'est pas très éloigné des propres productions des quatre percussionnistes, on pense So Percussion Five Gardensen particulier à "Amid the noise"(Cantaloupe, 2006). En plus des instruments déjà cités, tubes amplifiés, pots en terre cuite,  pianos jouets, morceaux de bois et de métal, coquillages marins et brouette (vous n'avez pas la berlue...) sont traités par ordinateur pour produire des textures sonores diffusées sur des enceintes hémisphériques (conçues par Dan) disséminées parmi les interprètes. L'idée est de produire des jardins inspirés de grands artistes : trois peintres (Agnes Martin, Henri Matisse, Georges Noël), un musicien (John Cage), et un photographe (Harry Callahan). Et le demi en sus ? Celui des peintures animées de Judy Trueman sur  le superbe DVD qui accompagne le disque.
  Si les premiers titres font encore penser au folk, sans doute en raison de la place des violons, l'album devient très vite plus inclassable, expérimental et méditatif. Splendeurs étranges, en apesanteur, de gouttes percussives ; murmures et scansions courtes ; appels feutrés du violon méconnaissable, de flûtes veloutées.  "Il y a des fleurs partout pour qui veut bien les voir", phrase leitmotiv, donne l'esprit des treize titres ponctués de petits textes dits en anglais ou en français par Rinde Eckert et Jennifer Trueman. Rien à redire à ce parcours riche et varié d'un raffinement absolu, d'une sensibilité exquise qui comble l'oreille si souvent maltraitée. On est dans un jardin enchanté pour 55 minutes. Les peintures animées du DVD sont d'une légèreté rafraîchissante, dessinant tableaux abstraits aux lignes géométriques frêles, aux couleurs à la fois douces et vibrantes.
Pour aller plus loin
- le site de l'album, passionnant, qui éclaire les sources, propose des extraits sonores et vidéo.
- le site de Dan Trueman.
- le site de So Percussion.
- un très bel extrait de "Amid the noise" ici.
- un Matisse pour finir, La Leçon de piano, l'une des sources d'inspiration.
Matisse La leçon de piano
 
4 janvier 2010 1 04 /01 /janvier /2010 00:13
   Meilleurs vœux à tous les lecteurs, blogueurs, fidèles, curieux, en quête du son des sons. Vous retrouverez bientôt dans ces colonnes cet extraordinaire ensemble de percussionnistes. En attendant, une vidéo en public de plusieurs morceaux composés par Jason Treuting, l'un des quatre membres permanents du groupe, morceaux parus sur Amid the noise (Cantaloupe, 2006).
20 décembre 2009 7 20 /12 /décembre /2009 19:55
julia wolfe photo1 COPYRIGHT 2009 PETER SERLING   « Avec chaque pièce, j'ai essayé de plonger dans un paysage psychédélique, à la fois multicouches, fracturé, extatique, silencieux, énergique, cacophonique et direct. » dit la compositrice de son dernier opus. Co-fondatrice et co-directrice artistique du Bang On A Can Festival, Julia Wolfe ne se manifeste pas souvent sur disque, le dernier remontant à 2003. Raison de plus pour frapper très fort. Après des quatuors étonnants, voici des "Musiques pour multiples", comme l'indique le sous-titre programmatique de l'album. "Dark full ride" propose quatre équipées autour de quatre instruments. La cornemuse est multipliée par 9 avec "Lad", extraordinaire odyssée qui ravirait Naïal, ce duo français déjà chroniqué dans ces pages : l'instrument se prête à des jeux répétitifs sur fond de bourdon. La batterie par 4 dans le titre éponyme, qui m'inquiétait beaucoup a prioriJulia Wolfe Dark Full ride. Passé la première écoute déroutante, je dois avouer que le morceau est une réussite, Julia réussissant à créer de véritables envolées. On oublie la sécheresse de la frappe pour se concentrer sur la structure, le dynamisme : la première partie joue seulement des cymbales, tandis que la seconde fait dialoguer celles-ci avec les caisses, le résultat est fascinant... et musical ! "my lips from speaking" est une relecture déstructurée d'un standard du rhythm & blues pour 6 pianos : pièce énergique, puissamment syncopée, pleine de grondements et de silences imprévus, avec des allures de piano mécanique à la Conlon Nancarrow par moment. C'est tout simplement ébouriffant. Le parcours se termine avec "Stronghold" pour 8 contrebasses, où l'intrication des textures est d'une complexité redoutable et belle, avec des dérapages veloutés, des frémissements et des échappées magmatiques. La fin très sombre est un hymne à la lumière noire d'un hiératisme farouche. L'un des grands disques de ce début de siècle, pour amateurs de sensations fortes et de libres expérimentations.
Pour aller plus loin
- la page du label Cantaloupe, avec un MP3 disponible.
- le titre éponyme interprété par des membres de l'ensemble Talujon Percussion :

Programme de l'émission du dimanche 13 décembre 2009
Nancy Elizabeth : Divining / The Act / Ruins (pistes 5-9-10, 12' 40), extraits de Wrought iron (the Leaf Label, 2009)
Danton EEprom : The Feminine Man / Unmistakabebly yours (p.7-8, 10' 05), extraits de Yes is more InFiné, 2009)
John Luther Adams : The Place we began (p.4, 8' 15), extrait de the place we began (Cold Blue Music, 2009)
Evangelista : Tremble dragonfly / Iris didn't spell (p.2-5, 13' 30), extraits de Prince of truth (Constellation, 2009)
William Duckworth : Préludes 8 à 14 (p.8 à 14, 19' ), extraits de The Time Curve Preludes (Lovely Music, 1990) Au piano : Bruce Neely
The Unthanks :
Because he was a bonny Lad / Sad February (p.1-2, 7' 15), extraits de Here's the tender coming (The Leaf Label, 2009)

18 décembre 2009 5 18 /12 /décembre /2009 22:46
William Duckworth Time CurveQue voilà un cycle admirable ! Découvert grâce à l'interprétation du livre I par Bruce Brubaker (voir mon article précédent). On peut encore se procurer l'enregistrement intégral des deux livres, 24 préludes comme chez Debussy, par un autre pianiste américain, Bruce Neely : c'est un des très beaux disques du label new-yorkais Lovely Music, fondé en 1978 et consacré aux nouvelles musiques américaines. L'enregistrement initial remonte à 1979, le cd est de 1990, d'une fraîcheur extraordinaire. Rien à ajouter à l'article précédent, le second livre est aussi beau que le premier. Bien sûr, l'écoute des deux livres permet de mieux percevoir l'architecture en courbe du cycle. Tout ce que l'on peut attendre de la musique : force et douceur, limpidité et chatoiements, éclat et mystère. Quelques morceaux sont en écoute ici.
Pour aller plus loin :
Walter Frank, Argentine Pianist, Composer and Improviser performs Duckworth's Argentine premiere of his piano music 

13 décembre 2009 7 13 /12 /décembre /2009 16:49
Bruce-Brubaker-hope-street-tunnel-blues.jpg  Bruce Brubaker fait décidément partie de ces rares pianistes qui n'ont peur de rien, qui vont jusqu'au bout de leurs enthousiasmes musicaux. Sur hope street tunnel blues, sorti en 2007, il propose un programme qui alterne des œuvres de Philip Glass et d'Alvin Curran. Si le premier a gagné les faveurs du grand public, le second reste dans l'ombre alors qu'il est l'un des compositeurs majeurs de ce temps. De Glass, Bruce interprète une transcription de "Knee Play 4", un fragment de l'opéra Einstein on the beach", "Wichita Vortex sutra", deux morceaux typiques de ce minimaliste au lyrisme fluide, le célébrissime "Opening",  un morceau que je ne me lasse pas de réécouter, mais aussi une des très belles études pour piano, la cinquième, intériorisée et frémissante, un versant moins grand public de ce compositeur prolifique. D'Alvin Curran, Bruce retient le morceau éponyme, prodigieux, une machine à accumuler de l'énergie avant de se résoudre en fleuve irrésistible, en vrai blues lancinant. Et il se lance à nouveau dans ce monument pour piano, "Inner cities", dont il interprète cette fois, après la première pièce sur son disque précédent, la seconde, tout aussi radicale dans sa beauté  lumineuse et désolée, dans son obstinée recherche d'absolu. Plus de vingt minutes si loin des vaines agitations, si près du son originel et ultime à la fois...
      Bruce-Brubaker-time-curve.jpgFidèle à Philip Glass, Bruce Brubaker a sorti voici quelques mois un nouvel opus où il interprète ses six études dans la version originale de 1994. À écouter pour ne pas enfermer le minimaliste dans des clichés injustes ! Comme dans ses disques précédents, le pianiste en profite pour entraîner ses auditeurs vers de nouveaux continents. Cette fois,  vers un autre de ses compatriotes, né en 1943, William Duckworth, compositeur, professeur de musique à l'université de Bucknell, à qui l'on doit un superbe cycle pour piano,  "The time curve preludes"(1977-1978), que certains considèrent comme l'une des premières manifestations du postminimalisme. En tout cas, un grand cycle, dont nous n'avons ici que le premier livre de 12 préludes. Alors, un Debussy du postminimalisme ? Assez juste pour quelques pièces vaporeuses, lignes impalpables et clapotements. Il y a aussi du John Cage - compositeur qu'il a beaucoup étudié, dans ces pièces imprévisibles, discrètement envoûtantes, je pense au sixième prélude, carillon en boucles serrées, l'une des pièces où le titre d'ensemble se comprend le mieux, l'auditeur pris dans les filets du temps courbe. Comme des miniatures d'une extraordinaire fraîcheur, labiles, des truites qui s'échappent dans les éclaboussures, éblouissantes et rieuses.
Pour aller plus loin
- Bruce Brubaker sur MySpace, mais oui, les musiques contemporaines envahissent la célèbre plate-forme !!
- mon article précédent consacré au pianiste, le 19 novembre.
- une vidéo où Bruce montre comment il "prépare" son piano pour jouer la musique de William Duckworth.

Programme de l'émission du diamnche 6 décembre 2009
Iggy Pop : A machine for loving / She's a business (pistes 10 et 11, 6' 30), extraits de Préliminaires  (Emi, 2009)
Nancy Elizabeth : Tow the line / Cat bells / Canopy / Lay low (p.3-6-7-8, 16' ), extraits de Wrought iron (The Leaf label, 2009)
Danton EEprom : Desire no more / Confessions of an english Opium-Eater (p.5-6, 16' ), extraits de Yes is more (InFiné, 2009)
Julia Wolfe : my lips from speaking (p.5 à 7, 15' 40), extraits de Dark Full Ride (Cantaloupe Music, 2009)
The Backlash : Myers mood / Overblast (p.1-7, 10' ), extraits de Scratch'n win (Waxurecords, 2009)
6 décembre 2009 7 06 /12 /décembre /2009 19:10
   Ce qui frappe dès l'abord, c'est la présence massive du piano. La jeune galloise, pour son second album "Wrought iron", a été conquise par l'instrument dans un bâtiment abandonné en Espagne, où elle était partie enregistrer. L'anecdote laisse rêver. On imagine les grilles lourdes, baroques, en fer forgé, le piano comme un appel dans les grandes salles désertes. Alors que "Battle and Glory" faisait retentir toute la panoplie idéale des instruments folk, de la harpe 12 cordes au dulcimer, dans des morceaux souvent très enlevés, "Wrought iron" est d'une veine plus intime. D'autant plus bouleversant que l'accompagnement s'est resserré, ce qui ne veut pas dire appauvri d'ailleurs, mais moins d'instruments en même temps. Guitares, mais aussi une belle apparition de la trompette sur le très folk "Lay low", harmonica sur le bluesy "The act", cloche sur le miraculeux "Winter, baby" et sur "Cat Bells" à la beauté suspendue,  pincée de choeurs, percussions diverses...tous servent la voix fine, fragile, flexible, transparente de Nancy Elizabeth et ses superbes mélodies. Ce deuxième disque confirme l'émergence d'une grande chanteuse, compositrice accomplie, capable de se renouveler profondément d'un disque à l'autre. On le sait dès le premier morceau, "Cairns", piano presque solo, morceau au hiératisme si doux, ponctué de choeurs séraphiques : paysage immémorial, un rêve d'harmonie. "Bring on the Hurricane", le titre suivant, est un petit bijou folk où la voix de Nancy joue de toutes ses nuances tandis que la guitare nous emporte, relayée par de courts choeurs puissants. Le piano revient au premier plan (il n'avait pas tout à fait disparu...) avec "Tow the Line", chanson dépouillée un brin mélancolique sur laquelle s'appuie avec parcimonie l'harmonica On le retrouve sur l'un de mes titres préférés, "Divining", complètement hanté par "Videotape", le magnifique dernier morceau de In Rainbows de Radiohead : la jeune galloise peut tout se permettre ! "Canopy", parfois a capella, la voix qui semble se renverser, et les fées qui viennent vous caresser, encore un morceau envoûtant, le meilleur du celtique, et rien à voir avec le catastrophique dernier album d'Alan Stivell -qui fut parfois capable du meilleur, dans un autre siècle..., une douceur fulgurante. Et puis il y a "Ruins", somptueuse ballade d'une sirène pudique et suave, la raucité étrange de la voix par moments, le piano royal doublé par un piano jouet sur la fin. Magique, cet album, enchanteur. Nous avions Merlin, voici Nancy Elizabeth !
Paru sur The Leaf label. 11 titres, environ 41 minutes.
Pour aller plus loin
- Nancy Elisabeth sur MySpace
- Chronique du premier album sur ce blog.
- Une video en concert du titre "Lay low" (elle est à la guitare, pas au piano...) :


Programme de l'émission du dimanche 29 novembre 2009
Larvae : Polemic dub / 164 spin (pistes 1 et 2, 9' 30), extraits de How to desintegrate (Creative space, 2007)
Didier Petit : Coupes et découpes / Élision / Interlude rituel / Almost / Soleil bleu / La Tour de Babel (p.1 à 6, 16' 30), extraits de Don't explain (Buda Musique, 2009)
William Duckworth : The Time Curve preludes I à IV, Book I (p.10 à 13, 12' ), extraits de time curve (Arabesque Recordings, 2009), disque du pianiste Bruce Brubaker.
Fuse Ensemble
: Big skate / Train (p.1 et 3, 12' 10), extraits de Big skate (2009)
Julia Wolfe : Lad (p.1-2, 17' ), extraits de Dark Full Ride (Cantaloupe Music, 2009)
Larvae : Nothing ends (p.4, 5' 38), extrait du même disque que ci-dessus (un mini cd vendu avec un autre de Spyweirdos).