musiques de chambre d'aujourd'hui

Publié le 5 Octobre 2007

Slow Six : Splendeur sereine du post-minimalisme électro-acoustique.
  Créé en 2000, le groupe Slow six, basé à Brooklyn, s'est beaucoup produit à New-York et a sorti un premier disque remarqué en 2004. Nor'easter, qui vient de sortir sur le label californien New Albion Records, est à l'évidence l'un des chefs d'oeuvre de cette année. Mené par son fondateur Christopher Tignor, compositeur, violoniste et concepteur du matériel informatique d'accompagnement, épaulé par Stephen Griesgraber à la guitare électrique et compositeur sur l'un des titres, le groupe constitue un véritable ensemble de chambre électro-acoustique qui comporte alto, violoncelle, une seconde guitare électrique sur quatre des six morceaux, grand piano, fender rhodes et deux autres violons en renfort. On le voit, cette alliance d'instruments de musique de chambre, amplifiés, retravaillés et de plus pour certains provenant du rock au sens large, prévient déjà tout étiquetage un peu hâtif. Bien sûr, la scène new-yorkaise offre l'exemple du Bang on a can all stars, ensemble dédié à toutes les musiques inventives d'aujourd'hui. Slow six s'inscrit dans cette mouvance passionnante. Les compositions sont d'inspiration minimaliste, très aérées, jouent du déploiement des sons dans l'espace par des échos discrets, des réverbérations ou des silences, ce qui donne à chacune d'elle une allure fragile et sensuelle à la fois. On peut penser à l'esthétique de la musique japonaise aussi bien qu'au sublime "Light over water" de John Adams. Si le premier titre contient le mot "pulse", une des clés de la musique de Steve Reich, on est souvent assez loin du maître, car l'utilisation de boucles reste ponctuelle et se distingue de toute façon de la composition par "motifs" qui lui est chère et de son dynamisme puissant. C'est une musique volontiers rêveuse, attentive à ses propres développements, au mystère de son évolution capricieuse. Des cadences de frémissements , des battements d'ailes ou d'élytres dorés, la venue d'inconnus qui marchent à pas feutrés dans les avenues baignées par une lumière vibrante, vaporeuse. Soudain, des courbes qui s'enfuient, des glissements furtifs qui s'accentuent avant de se fondre dans la pénombre qu'on sent vivante. Merveilleuse musique où l'on se baigne parmi les grâces tournoyantes d'un ciel traversé d'éclairs calmes, parmi "les nouvelles couleurs (qui) tombent comme la pluie", pour reprendre le sous-titre de la seconde partie de "distant light", parmi le chromatisme suave des subtils dérapages mélodiques qui peuvent aussi évoquer certaines oeuvres de Lois.V. Vierk, compositrice américaine marquée par son étude  du Gagaku, la musique de la cour impériale japonaise. Cette pure splendeur suspend le temps dans ses méandres, ses étirements méditatifs ou ses brisures délicieuses!
Slow Six
Slow Six

Les voici dans un jeu de reflets bien à l'image de leur musique. Le programme de ce dimanche 30 les associe avec Naïal, présenté la semaine dernière, et avec Duane Pitre et son Pilotram Ensemble, évoqués la semaine d'avant.

(Nouvelle mise en page + illustrations sonores / Émission du 30/09/07) 

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Publié le 15 Mars 2007

  Teknic Old Skool :   Arcold (piste 5 / 6' 10)

                                    Stop crying (p. 9 / 3' 58)
                                           (sans titre, Such prod, 2006)

Peter Ives, David Aknin Aka Akninganing, Robin Notte et Charly Sy Aka Unklebenz sont parisiens sous leurs pseudos, instrumentistes "old skool" avec leur basse, leur violoncelle et leur Fender rhodes, mais voilà, ils jouent plutôt de la drum'n bass, avec un DJ, des scratchs et des synthétiseurs ; ça ressemble aussi à un soul-jazz électro improvisé, à une pochade bourrée d'énergie qui part un peu dans tous les sens et c'est furieusement réjouissant à la longue, c'est pourquoi les revoilà dans l'émission ! Baudelaire et quelques autres se retrouvent les otages d'un collage très slammé, "Pirate", second titre de l'album qui donne le ton : enivrez-vous sans cesse...Les voix d'Irène Morel, M'tiss apportent un contrepoint chaleureux aux rappeuses voix masculines.
Premier CD du quatuor Ethel

Premier CD du quatuor Ethel

Ethel : Be-in (p.9 / 8' 51), pour clarinette basse, de  Evan Zyporin
                      (sans titre, Cantaloupe 2003)
 
   Ce jeune quatuor new-yorkais célèbre toutes les nouvelles musiques avec fougue, dépoussiérant l'image du quatuor à cordes comme le fait si magistralement depuis plus de vingt ans le Kronos Quartet. 

    On reparlera de ces musiciens.

Ci-dessous en fausse vidéo, un très beau titre du compositeur Phil Kline. C'est la première partie d'un cycle de quatre pièces.

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