An on Bast et Vizier of Damascus sur Rednetic Recordings.

Publié le 16 Juin 2009

An on Bast et Vizier of Damascus sur Rednetic Recordings.
   Non, je ne vous abandonne pas, c'est le temps qui me fait défaut depuis quelques jours. La matière ne manque pourtant pas, soyez rassurés. Je ratisse les ondes, le net surtout, vaste prairie fleurie de petites maisons de disques attachantes, qui méritent bien mieux que la petite niche où l'incuriosité, le conformisme...et le mercantilisme ravageur tendent à les confiner. Après avoir débusqué Debruit&desilence, ce très beau label parisien, je braque mon puissant projecteur sur Rednetic Recordings, label anglais consacré aux musiques électroniques. C'est en suivant la piste d'An on Bast, artiste de la scène électro polonaise, que j'ai trouvé son asile actuel et que j'ai ainsi pu me procurer son deuxième disque, Words are dead, un sept titres dans la lignée de Welcome scissors : électro délicate, tout en textures fines, avec des flambées lyriques inspirées de musiciens comme Mozart, Liszt ou Arvo Pärt. Elle invoque également l'influence d'Autechre..."sth important", le quatrième titre, est sans doute le sommet : claviers en boucles lancinantes, beats démultipiés, texte dit fragmenté et traité comme la pâte feuilletée musicale. Du très beau travail, décidément une artiste à l'univers très personnel.
Paru en 2008 chez Rednetic Recordings / 7 plages / 32 minutes environ
Première vidéo : deuxième titre de l'album / Deuxième : An On Bast en concert
- album en écoute et en vente sur bandcamp :
  
An on Bast et Vizier of Damascus sur Rednetic Recordings.

Sur le même label, après quelques écoutes, j'ai aussi déniché Arfan Ezra Munir Rai, alias Vizier of Damascus, un anglais dont les racines familiales sont en Arabie, vers Samarcande, bref dans un Orient peut-être en partie fantasmé. Badshahi, un neuf titres, est un disque prenant inspiré par ses voyages de la Lybie à l'Ouzbékistan. Morceaux emprunts d'une poignante mélancolie, avec "Lament halves", lui aussi très inspiré par l'estonien Arvo Pärt, un canon magnifique piqueté de beats et de scratches ; paysages sonores apaisés, baignés de lumière diffuse dans l'hypnose des soirs interminables, comme sur le titre éponyme hanté par un hypothétique muezzin. L'impression que le temps s'est arrêté, soudain, immémorial à jamais, déconnecté de toutes les folies humaines. Il y a du mystique chez ce voyageur en quête d'origines, sculpteur attentif d'espaces sonores denses déchirés par des percussions erratiques.
Pour aller plus loin

- album en écoute et en vente sur bandcamp :

(Nouvelle mise en page + ajout d'illustrations visuelles et sonores le 17 décembre 2020)

Rédigé par Dionys

Publié dans #Musiques Électroniques etc...

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