Publié le 26 Octobre 2007
Sur Margherita Guidacci, traductrice et poétesse , un blog.
Pour lire d'elle quelques poèmes en version bilingue, ce très beau blog.
Chronique des musiques singulières : contemporaines, électroniques, expérimentales, du monde parfois. Entre actualité et inactualité, prendre le temps des musiques différentes, non-formatées...
Publié le 26 Octobre 2007
Sur Margherita Guidacci, traductrice et poétesse , un blog.
Pour lire d'elle quelques poèmes en version bilingue, ce très beau blog.
Publié le 20 Octobre 2007
Déçu par les nouveautés (celles que j'ai pu écouter, précisons, il a pu m'échapper des trésors, hélas !)du côté de la pop-rock au sens très large, je reviens à la musique contemporaine avec un programme qui associe Slow six, dont l'album Nor'easter est décidément pour moi un chef d'œuvre étincelant, le pianiste néerlandais Jeroen van Veen , et le pianiste et compositeur belge - employons le terme tant qu'il a encore un sens, Jean-Luc Fafchamps.
Improvisation sur Distant light
distant light tant de light
tu me dis je me tends de lumière
léger de lumière vêtu je vais
dans la distance tremblée je je je
me dissous dessous tant de
temps transparent allumé
de lumière dans la baignoire rougie
du crépuscule tu me dis distant
je suis la distante light tendre light
léger écho d'ego terme échu
la tombée des sons déchus déchire
ma trame c'est mon drame léger
distant light aurore cathédrale
de rayons tente engloutie tant de
temps reconquis sur les chemins comme
des filles chromatiquement belles
ouvertes sur la nuit divine la
distant light glissante de violons
doux martelé piano de feutre et
de mystère lacté tu m'as trouvé
ivre gisant chrysalide à peine
sous la pluie des couleurs comme
une dédicace fragile m’as-tu dit
tombant ensemble dans le vortex
des limbes lumière light tant de
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Publié le 12 Octobre 2007
Publié le 5 Octobre 2007
Les voici dans un jeu de reflets bien à l'image de leur musique. Le programme de ce dimanche 30 les associe avec Naïal, présenté la semaine dernière, et avec Duane Pitre et son Pilotram Ensemble, évoqués la semaine d'avant.
(Nouvelle mise en page + illustrations sonores / Émission du 30/09/07)
Publié le 27 Septembre 2007
Sans doute le plus populaire des compositeurs minimalistes, mais aussi le plus mal compris, voire le plus dénigré, Philip Glass m'a souvent agacé après m'avoir séduit. Sa déconcertante capacité à recycler ses idées fait qu'on reconnaît du Glass aux premières mesures, et qu'on peut finir par avoir l'impression d'écouter toujours le même morceau, habillé différemment. On l'accuse alors de céder à la facilité, source de sa production discographique prolifique, pire, à une pente commerciale fâcheuse. Qu'il y ait chez lui un certain opportunisme, c'est possible ; une manière d'occuper le terrain, comme en témoignent également ses nombreuses musiques de film...Philip Glass nous envahit jusqu'à nous dégoûter, je ne le nie pas, j'ai connu cette nausée devant une musique doucereuse au charme insidieux. Force est pourtant de reconnaître qu'il reste un des compositeurs majeurs de ce temps, comme en témoignent notamment les deux disques réunis ici. A côté de sa musique orchestrale, symphonique surtout, parfois grandiloquente et faiblarde- j'en excepterais son sublime concerto pour violon, un des plus beaux du vingtième siècle finissant, il y a les quatuors à cordes à l'écriture dense, les oeuvres pour piano et pour orgue, qui, toutes, révèlent un compositeur obstiné d'une extraordinaire finesse si on fait vraiment l'effort de l'écouter. Car la musique répétitive, -qu'il incarne par excellence, préférant ce terme de "répétitif" à celui de "minimaliste", demande beaucoup à l'auditeur, qui ne doit pas s'en tenir à l'apparence. Comme dans l'art islamique, que le compositeur a découvert pendant ses voyages et séjours au Maroc, ou comme dans le tissage des tapis, il faut se perdre dans les motifs répétés pour en goûter les subtiles transformations. La musique répétitive est baroque en ce sens qu'elle joue du trompe-l'oeil pour entraîner l'auditeur sous la surface dans ses eaux profondes en perpétuel mouvement. Ses figures d'élection sont d'ailleurs la boucle, la spirale, les constructions en miroir qui démultiplient les perspectives, creusent l'espace sonore jusqu'au vertige. Ecoutez Steffen Schleiermacher interpréter les dances pour orgue solo, composées pour des chorégraphies de Lucinda Childs, et vous oublierez l'image du compositeur facile et mièvre. De facture puissante, elles sont d'une impeccable rigueur. Pianiste, organiste et compositeur, cet allemand de Leipzig est l'un des défricheurs les plus audacieux du champ contemporain. J'ai déjà ici présenté ses interprétations inspirées des "Keyboard studies" de Terry Riley. Il a par ailleurs notamment à son actif deux intégrales pour piano, celles des œuvres d'Erik Satie et de John Cage (également celles pour piano préparé).
Hélas, je ne peux vous le proposer en écoute. Voici une version de la danse n°2 interprétée par Michael Riesman à l'orgue.
Philip Glass, se rassureront certains, ne cède pas aux sirènes de l'électronique ou de l'informatique. Il reste un compositeur attaché aux instruments, à leurs sonorités acoustiques, d'où sa réappropriation par des instrumentistes nombreux. Le guitariste virtuose Dominic Frasca (morceaux à écouter sur son site), interprète de "Electric guitar phase" de Steve Reich publié en 2001, a sorti fin 2005 chez Cantaloupe un disque sidérant de guitare solo sur lequel on trouve une des pièces les plus abouties, radicales, de Philip Glass, "Two pages". Comme pour le disque de Schleiermacher, aucun traitement, l'instrumentiste en direct, ici avec une guitare six ou dix cordes, c'est tout. On n'y croit d'abord pas, on se dit qu'il doit y avoir des pistes préenregistrées, quelque chose qui expliquerait ce qu'on entend. "Two pages" est d'une écriture musicale d'une absolue rigueur, d'une densité implacable et lumineuse, une véritable descente dans le maelstrom menée par un guitariste inventeur d'une guitare sans pareille (une guitare classique avec un manche de guitare électrique et un système permettant un jeu percussif). "Guitar hero 2005" à juste titre !

(Nouvelle mise en page + illustrations sonores )
Publié le 20 Septembre 2007


Je suis plus perplexe avec le disque suivant, le dernier d'un des groupes phares de la musique industrielle, Einstürzende Neubauten, groupe qui compte à son actif de nombreux albums depuis le début des années 80. N'ayant pas le visuel de la pochette à vous proposer, je place ci-contre une très belle vue de ruine industrielle trouvée sur l'un de leurs sites. Ne connaissant guère le groupe que de réputation, je m'attendais à une musique plus bruyante, violente, saturée. L'album est relativement apaisé (tout est relatif...), souvent poussif et bien peu créatif. Je propose toutefois deux titres très réussis, où le texte tient une place prépondérante : deux poèmes dits avec une très grande intensité, et ça fait plaisir d'entendre de l'allemand si bien porté, si bien sonnant. Le premier titre, "Die Wellen", qui ouvre d'ailleurs l'album, est construit sur un crescendo implacable, la voix étant relayée par des percussions métalliques impressionnantes. Malheureusement, après ce morceau si beau dans son dépouillement, et à l'exception de "Unvollständigkeit", de la même veine que j'oserais dire slammante ou quasi rappeuse, que de titres convenus...
Retour sur Eluvium, avec trois extraits de l'album "Copia", présenté dans l'article précédent : drones électroniques, cordes, cuivres, orgue, et un peu de piano pour des titres à l'envoûtante et simple beauté, dans la lignée de Stars of the Lid, en plus mélodieux, ou de Tim Hecker, les saturations en moins.
La fin du programme est consacrée à Duane Pitre et son Pilotram Ensemble. Compositeur, improvisateur, Duane Pitre circule entre Brooklyn et San Diego. Influencé par La Mounte Young, Terry Riley et Steve Reich, il propose des compositions abstraites alliant drones atmosphériques et structures minimales et s'intéresse aux problèmes de la microtonalité, de l'intonation juste. La couverture de Organized pitches occurring in time donne une excellente idée de cette musique qui se veut comme un corps, un organisme dont les différents instruments seraient les organes ou les membres. Ainsi, dans le morceau diffusé, l'orgue à pompe serait le système circulatoire, la clarinette basse les muscles, les guitares la chair, les sons d'origine électriques le système nerveux, l'alto la peau, les violons les mèches de cheveux, le violoncelle et les saxophones les organes internes. Quant à l'auditeur, pour boucler l'analogie, ce serait les yeux, des yeux qui regardent dans le corps de la musique, qui perçoivent la composition différemment pour chacun d'entre nous. Discipline, liberté et variation sont les principes conducteurs de cette musique fascinante, à écouter dans le noir ou la pénombre pour en savourer le continuum chatoyant, le lent déploiement des sons courbes sur le lit mouvant des drones telluriques. L'œuvre majeure de ce programme !
Publié le 13 Septembre 2007

Graham Fitkin et Ruth Wall (voir article précédent) ouvrent cette programmation. Harpe, claviers et sons électroniques, qui laissent ensuite la place à trois extraits d'un disque sorti voici quelques mois, dont le titre mentionne la harpe, le Harps old master de Phelan Sheppard, présenté dans l'article du 15 mars de cette année et qu'il me faut corriger. Car de harpes, point en vérité dans ce superbe album ! Les guitares ou les claviers en donnent l'illusion, aussi l'instrument n'est-il pas mentionné en dehors du titre. Peu importe, puisqu'il nous transporte, délicatement arachnéen, enchanteur, entre celtitude et sensualité hispanique...Je marche sur les eaux de cette magnifique pochette.
Le voyage musical continue avec Shantel, DJ dont la famille maternelle est originaire de Bucovine, région partagée entre la Roumanie et l'Ukraine. Installé en Allemagne, il propose une musique festive, pétulante, colorée, alliant un style disco-électro très libre et un répertoire balkanique : on y chante en roumain, en serbe, en turc et en grec. Le tout fait penser à Goran Bregovic et ses musiques endiablées, composante essentielle de certains films d'Emir Kusturica.
Une belle photo pour un disque à réveiller les morts !
Après les embardées de Shantel, la musique d'Eluvium, groupe qui vient de sortir son quatrième album, Copia, pourrait sembler morne, guindée. Très néo-classique, volontiers sombre, voire funèbre, elle associe nappes électroniques et amples vagues de cordes, cuivres, avec parfois le piano qui vient par devant imposer des lignes mélodiques simples, un peu répétitives, ce qui n'est pas sans évoquer le compositeur belge Wim Mertens, surtout dans le quatrième titre, "Prelude for time feelers" -titre en partie repris pour cet article vous l'aurez remarqué..., et dans le sixième, "Radio ballet". Philip Glass n'est pas très loin non plus. Ce calme intense n'est pourtant pas de la froideur, plutôt de la retenue, du détachement, loin de la frénésie du monde, pas si loin que cela des explosions dans le ciel, puisque le groupe a assuré la première partie des texans Explosions in the sky, groupe de rock progressif.
Encore une pochette très réussie : sur une terre grasse en limaces, un terreau d'abondance (signification du latin "copia"), d'éluvions nettement féminines (?), une sorte d'ermite itinérant filiforme contemple le ciel couleur d'orange et de sang, un ciel d'apocalypse sereine. Il est là pour toujours, indifférent et concentré à la fois, appuyé sur son bâton.
(Remise en page + illustrations visuelles et sonores de cet article en date du 20 juin 2020)
Publié le 7 Septembre 2007
Les voici en séance d'enregistrement et sur scène. Je crois qu'il faudrait les voir en concert : à quand une tournée en France ? Merci en tous les cas de contribuer à sortir la harpe de son ghetto folklorique.
Le site de Ruth Wall, la belle harpiste, est très bien fait.
Six titres en écoute ici.
Paru en 2007 chez GFR / 10 plages / 54 minutes environ
(Remise en page et illustrations visuelles et sonores de cet article en date du 20 juin 2020)