Publié le 17 Mai 2007

Red Bull Music Academy/ Apparat/ Ellen Allien/ Various : la fabrique électronique
Red Bull Music Academy/ Apparat/ Ellen Allien/ Various : la fabrique électronique

(Nouvelle mise en page + illustration sonore / Proposition du 13/05/07)

   Les musiques électroniques se portent bien. En témoigne notamment la Red Bull Music Academy qui, vous vous en doutez, n'a rien à voir avec une autre académie trop médiatisée. Depuis 1998, animée par de célèbres Djs, elle réunit une soixantaine de participants sélectionnés parmi plusieurs milliers de candidats dans des ateliers internationaux qui leur permettent d'échanger, de mettre en commun leurs idées et de s'interroger sur les problèmes concrets de production et de commercialisation. La sélection de Melbourne 2006 est arrivée, une compilation de deux cds (pas de visuel pour le moment), dont l'émission du 13 mai a diffusé trois extraits :
Ana Suda (An on Bast) : Just blast (cd2, p.4, 3' 58)  Elle propose ici une musique synthétique délicate, qui joue des contrastes entre grignotements et rythmique hypnotique de cloches.
Cette polonaise a sorti son premier album Welcome scissors en mai 2006.Nous sommes accueillis sur son site par un arbre magnifique : vous pourrez écouter d'autres extraits de cette oeuvre étonnamment organique.
Mark Pritchard (Harmonic 313) : Call to Arms (cd1, p.5, 4' 38) De la techno flamboyante, spatiale et inspirée par un artiste aux nombreux pseudonymes.
Richard Eigner : Concrete leaves (cd2, p.12, 4' 51) Une œuvre exigeante,  imprégnée de musiques contemporaines, comme le reconnaît cet autrichien amateur de Morton Feldman, Ligeti ou Arvo Pärt.
   La scène allemande nous offre deux parutions d'artistes déjà confirmés.

Apparat : Not a number (p.1, 3' 59)
                   Hailin' from the edge (p.2, 3'39)
                   Useless information (p.3, 4' 04)
                   Birds (p.8, 5' 03) extraits de Walls (Shitkatapult, 2007)

   Apparat est le pseudonyme du batteur Sascha Ring, qui a commencé sa carrière de DJ dans les années 90 à Berlin. Dans la mouvance d'Aphex Twin ou de Radio head, il a déjà plusieurs albums à son actif. Celui-ci sort sur son label Shitkatapult fondé en 1999. L'album précédent, Orchestra of bubbles, est sorti en 2006 en duo avec Ellen Allien, une des reines de la techno berlinoise, laquelle propose le trente-quatrième mix de la série Fabric, du club de Londres du même nom. Beaucoup d'invités, où l'on retrouve encore Thom Yorke...(pas diffusé ce soir).

Ellen Allien : Don't believe the chord (Schubert-S1, p.1, 5' 13)
                        Jamie Jones' Pacific Mix (EStro-Driven, p.3, 6' 06)
                        Tu y yo (Damian Schwartz, p.4, 2' 23)

                        Aaltovaihe (Aste-Maan, p.10, 1' 36)
                        Just a woman (Ellen Allien, p.12, 3' 10), extraits de Fabric 34 ( Fabric London, Pias 2007).

Un oublié (en ce qui me concerne, pas pour tout le monde) de 2006, un excellent duo anglais entre Massive Attack et...folk cold wave :
Various : Thuunk (p.1, 2' 22)
                  Circle of sorrow (p.2, 4' 31)

             Soho (p.5, 5' 02), extraits de The World is gone (XL Recordings, 2006), disque à la belle pochette et aux visuels érotico-animaliers. Circle of sorrow, avec sa mélodie ensorcelante interprétée par une mystérieuse voix féminine est un des titres magiques de cet album imprévisible.        
Red Bull Music Academy/ Apparat/ Ellen Allien/ Various : la fabrique électronique

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Rédigé par dionys

Publié dans #Musiques Électroniques etc...

Publié le 20 Avril 2007

Les Disques de l'année 2006
   Pourquoi un classement, ou plutôt un bilan si tardif ? Certains disques sortis en 2006 ne nous parviennent que maintenant, et ce n'est pas fini. La frilosité des disquaires dans le domaine de la musique contemporaine est telle qu'il faut passer par internet pour se tenir au courant, d'où des retards bien compréhensibles.  De surcroît, le nombre toujours plus important de parutions rend la tâche du chroniqueur redoutable. Le matraquage publicitaire, comme ailleurs, diminue la visibilité d'artistes majeurs. Dans un tel contexte, on comprendra ce bilan subjectif et nécessairement incomplet comme un acte de résistance à la massification, à l'uniformisation, au décervelage organisé par des publicitaires et des distributeurs qui méprisent le public en lui servant une soupe insipide, et comme un hommage aux maisons de disques audacieuses et à tous ceux qui soutiennent une création diversifiée, originale et...singulière ! Inactuelles est nanochevik à sa manière...
    1. Ingram Marshall : Savage Altars (New Albion Records)


    2. Thom Yorke : The Eraser (XL Recordings) 

        

   

Les Disques de l'année 2006Les Disques de l'année 2006Les Disques de l'année 2006

 

     3. So Percussion Amid the noise (Cantaloupe Music)    

    4. Maman : In and out of life (Resurgence, 2005)

    5. Phelan Sheppard : Harps old master (The Leaf Label)

Les Disques de l'année 2006Les Disques de l'année 2006

6. Matt Elliott : Failing songs (Ici d'ailleurs / Discograph)
    

    7. Headphone : Two stories high (Ici d'ailleurs / Discograph)

Liste à compléter, ceci n'est qu'une première ébauche.

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Rédigé par dionys

Publié dans #Classements

Publié le 10 Avril 2007

Thee, Stranded horse/ Apostle of hustle/ Colleen/ Dälek : Rivages de nulle part

   (Article remis en page + illustrations sonores / Proposition du 08/04/07)

   Les ondes silencieuses du langage abandonné sous des arbres géants sont l'hymne national de nulle part. La kora et la viole de gambe s'invitent, tandis que des voix très nues retissent les racines oubliées de l'émotion.

La harpe-chevalet mandingue, instrument africain noble joué autrefois uniquement pour les rois, a conquis Yann Tambour, guitariste initiateur du projet de rock indépendant "Encre". En 2004, le maxi "Marbres" contenait déjà un hommage à l'un des maîtres de la kora, Toumani Diabaté. Depuis, il s'est approprié la kora à sa manière et en a fait l'instrument-roi de son nouveau projet solo, présenté ci-dessous.
Thee, Stranded Horse : So goes the pulse (piste 1, 2' 38)
                                             Misty mist (p.2, 2' 09)
                                             Le sel (p.3, 6' 47)
                                             Churning strides (p.5, 4' 27)
       extraits de Churning strides(
Talitres/Differ-ant, 2007).Ce disque intimiste, délicat, chanté du bout des lèvres, enchaîne des ballades d'une envoûtante splendeur : la kora surtout, mais aussi la guitare sèche, nous emportent très loin. Ô toi, cheval échoué dans des sables immémoriaux, nous te chevaucherons encore, le sais-tu ?
Apostle of Hustle : My sword hand's anger (p.1, 3'13)

                                         The naked & alone (p.3, 4' 35)
                                         Rafaga (p.6, 3' 58)
               extraits de National anthem of nowhere (Arts & Crafts productions, 2007). Cette formation torontoise est dirigée par Andrew Whiteman, guitariste appartenant au collectif Broken social scene. Après un premier disque sorti en 2004, le groupe propose un album pop chatoyant, réchauffé par quelques ambiances latines. Le titre 6, Rafaga, met en musique un poème de Federico Garcia Lorca, tandis que le 9 est dédié à Victor Jara, membre du parti communiste chilien proche de Salvador Allende, qui fut arrêté, torturé et assassiné.
Thee, Stranded horse/ Apostle of hustle/ Colleen/ Dälek : Rivages de nulle part

Colleen : Le labyrinthe (p.2, 5' 15)
                  Les ondes silencieuses (p.4, 6' 09)
                  Blue sands (p.5, 5' 17)      extraits de Les Ondes silencieuses (The Leaf Label, 2007).

   Encore une belle parution de The Leaf Label ! C'est le quatrième disque de Cécile Schott, musicienne française, sur ce label anglais passionnant (Efterklang, Phelan Sheppard, défendus ici). Sa rencontre avec la viole de gambe remonte au film Tous les matins du monde, consacré à la vie du maître du XVIIè de cet instrument, Marin Marais. La musique se développe dans la magnificence des sonorités sensuelles de la viole, relayée parfois par la clarinette, l'épinette (un instrument proche du clavecin), et des verres, des cloches. Étirements, volutes, échos démultipliés, vagues à la profondeur infinie : dans le labyrinthe, les sables sont bleus. L'univers sonore d'Alain Kremski n'est pas si loin, c'est tout dire. L'un des disques du mois, de l'année, à ne pas manquer.
  Petite pause inspirée par Colleen, fournie par le blog d'une émission portugaise sœur :

up into the silence the green / silence with a white earth in it // you will(kiss me)go // out into the morning the young / morning with warm world in it // (kiss me)you will go / on into the sunlight the fine / sunlight with a firm day in it // you will go(kiss me // down into your memory and / a memory and memory // i)kiss me(will go)
e.e.cummings

Dälek : Paragraphs relentless (p.3, 5' 33)           

             Content to play villain (p.4, 5' 21)           

             Lynch (p.5, 5' 25), extraits de Abandoned Language (Ipecac Records, 2007).

Un album entre hip-hop et musique industrielle, aux atmosphères oppressantes, dans la lignée d'un Uzul prod. Lynch rôde, c'est indéniable, et c'est habité, hanté jusque dans les moindres recoins de ces nappes pulsantes.

 

Efterklang : Towards the bare hill (p.4, 3' 10)
                         Jojo (p.5, 6' 52)
  extraits de Under giant trees (The Leaf Label, 2007) (cf émission du 25/03/07)

 

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Rédigé par dionys

Publié dans #Hybrides et Mélanges

Publié le 29 Mars 2007

Efterklang, Under Byen / Sofia Gubaidulina : Sept mots sous des arbres géants

(Article remis en page + illustrations sonores / Émission du 25/03/07)

Douces collines, âpres collines que le vent balaye...Où sont les chevaux fous poudrés d'écume et d'algues, les arbres géants tordus par le vent ? Les plaintes des fougères se mêlent aux voix des marins ivres d'amour. Eli, Eli, lama sabachtani ?


Efterklang : Falling horses (piste 1, 7' 10)
                       Hands playing butterfly (p. 3, 4' 29)
          extraits de Under giant trees (The Leaf Label, 2007), mini-album qui sort début avril. Le premier disque de ce groupe danois basé à Copenhague, Tripper, enregistré en 2003 et paru en 2004, a été très bien reçu. Formation à géométrie variable autour d'un noyau de cinq musiciens et d'un réalisateur de film, elle allie cordes et cuivres, piano, percussions, voix ou choeur, une touche d'électronique pour construire une musique au lyrisme ample, rêveuse et lente. Des titres comme Falling horses ou Towards the bare hill ne sont pas sans évoquer la musique bouleversante de Matt Elliott.
   La pochette de l'album, si colorée, si naïve, reflète  la polyphonie chorale et chaleureuse d'une véritable musique de chambre.
La photographie trouvée sur leur site, en accord avec leur univers monochrome, à la fois lumineux et désolé, me permet de faire la transition avec une compositrice au mysticisme saisissant.

Efterklang, Under Byen / Sofia Gubaidulina : Sept mots sous des arbres géants

Sofia Gubaidulina : Sieben Worte (p.1 à 7, environ 35'), 1982, pour bayan, violoncelle et cordes.
    extrait de Sieben Worte/ Zehn Präludien/ De Profundis (ECM New Series, 2002)
              
In Erwartung (p.12, 14' 19), 1994, pour quatuor de saxophones et six percusionnistes.

    extrait de Mysterious morning (Alpha, 2001) Née en 1931 dans la République Tatare (URSS), Sofia Gubaidulina, qui a étudié la composition aux conservatoires de Kazan et de Moscou, a très vite été jugée hétérodoxe par le milieu musical soviétique. Dimitri Chostakovitch lui a toutefois conseillé de persister dans sa voie. Co-fondatrice d'un ensemble qui improvisait sur des instruments traditionnels et rituels russes, caucasiens et asiatiques rares, elle a pu personnaliser des techniques musicales contemporaines et se forger un style propre, éloigné de tout dogmatisme. Autorisée à voyager à l'Ouest pour la première fois en 1985, elle a obtenu une reconnaissance internationale. Depuis 1992, elle réside principalement près de Hambourg. Dans Sieben Worte, elle s'inscrit dans le sillage des rares compositeurs qui ont osé se confronter à la mise en musique des sept dernières paroles du Christ en croix, comme Heinrich Schütz ou Joseph Haydn. Profondément religieuse, elle a tenté de faire exprimer aux instruments ce qui ne peut être ni chanté, ni dit, en écartant tout jeu virtuose ou toute pratique concertante à l'ancienne. Le violoncelle symbolise ce qui est "haut", tandis que le bayan, accordéon de concert russe qu'elle a contribué à perfectionner, symbolise le "bas", le terrestre humain : ils dialoguent, se fondent pour rendre sensible la double nature du crucifié. Musique d'une intensité déchirante, traversée de moments de beauté illuminée, que les cordes emportent de leurs battements d'ailes.
    Le second morceau, interprété par le quatuor de saxophones Habanera, fait alterner violence et sérénité, "dans l'attente" du jour de la colère : Dies irae étonnant par la place des percussions, qui entretiennent un climat de mystère et de magnificence. Décidément, ce disque Mysterious morning s'avère indispensable !
         
Under Byen : Mere af det samme / Liste over sande ve / Palads (p.8 - 10 -11, 9')
         extraits de Samme Stof Som Stof (Telescopic / Discograph, 2006) Un deuxième groupe danois pour finir l'émission. Entre rock épais, avec dérapages frénétiques, et envolées instrumentales élaborées où se rejoignent piano, violoncelle, clarinette, orgue et la voix délicieuse de
Henriette Sennenvaldt, voilà un nouvel exemple de la vitalité et de l'originalité de la scène danoise. Sur leur site officiel, vous pouvez téléchargez quelques morceaux.

                                    

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Rédigé par dionys

Publié dans #Hybrides et Mélanges

Publié le 19 Mars 2007

Un titre cut-up pour un programme qui gravite autour de Harold Budd, compositeur californien aussi discret qu'essentiel.
Kalylivedub : Blizzar (piste 8, 4' 38)


                          How to be late (p.11, 8' 48) avec Erik Truffaz, trompette

        extraits de On stage (Pias, 2007), quatrième album d'un groupe qui s'est d'abord affirmé sur scène depuis sept ans. Guitare, machines, claviers, percussions et programmations, basse, ce collectif de cinq français vous embarque dans une musique puissante, nerveuse, habitée, un dub industriel et électronique sur lequel Erik Truffaz vient surfer avec brio pour les deux derniers morceaux de l'album. Uzul Prod, récemment diffusé, appartient à la même famille.


 

Fuminori Tanada : Mysterious Morning II (p.7-8, 8' 59) par le Quatuor de saxophones Habanera

         extrait de Mysterious Morning (Alpha, 2001), un disque que j'avais laissé de côté et auquel je trouve maintenant beaucoup d'attraits. La compositrice explore l'intérieur du son par des micro-intervalles, crée des vagues sonores aux sinuosités, fluctuations mystérieuses bien soulignées par le titre.
Harold Budd / Brian Eno : First light (p.1, 7' 06)
                            Not yet remembered (p.6, 3' 50)
                                           The chill air (p.7, 2' 14, diffusé après Guidoni, avant les mélodies françaises)
          extraits de The Plateaux of mirror (Virgin, 2004). Sorti originellement en 1980, c'est la première rencontre miraculeuse entre le piano acoustique ou électrique d'Harold et les autres instruments et traitements du sorcier Brian, Maître des studios. Disque-culte, c'est un chef d'oeuvre de sérénité. Réverbérations nacrées, incantations murmurées, un hymne à la beauté fragile. Plus rien n'existe que ces irisations sonores déployées dans l'espace infini à l'aube éternelle du cosmos.
Jean Guidoni : Comme dans un ballet de Pina Bausch (p.2, 3' 02)
                             Fatal (p.5, 3' 22) extraits de La pointe rouge (Wagram, 2007, sortie en avril). Rarissime incursion dans le domaine de la chanson française : la voix est belle et bien placée, les textes intelligents, l'accompagnement sans grande originalité, mais bien enlevé sur quelques titres. On rêve d'une association avec ...Noir Désir ? Et pour continuer, quelques...

Mélodies françaises : Après un rêve (p. 6, 2' 55 de Romain Bussine / Gabriel Fauré)
       Invitation au voyage (p. 4, 3'  de Charles Baudelaire / Henri Duparc) Ce dernier titre est l'une des réussites de cet album qui ne manque pas de charme, à paraître fin mars chez Diese Records. Si l'on peut regretter que la musique, parfois, l'emporte sur les voix fluettes et délicieuses de certaines interprètes, c'est toutefois un bel hommage à une grande époque de la musique française.


 
Autour d'Harold Budd : Mysterious evenings après un rêve not yet remembered (de Kalylive dub aux Mélodies françaises )

Harold Budd : Bell tower (p.1, 2' )                          

                           Campanile (p.2,  3' 45)
                            The Rose (p.3, 3' 26)
                 extraits de La Bella vista (Shout ! Factory, 2003)

    Enregistré d'abord à son insu à l'instigation de Daniel Lanois lors d'une soirée à Los Angelès chez ce dernier, puis publié avec son accord après avoir consenti à une deuxième séance , Harold se laisse aller à son penchant introspectif, méditatif. Neuf courtes pièces, une dernière d'une dizaine de minutes, suffisent à nous dépayser. Le piano Steinway chante les échos assourdis du royaume hanté par le léopard des neiges : ah ! puissance de suggestion des titres...

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Rédigé par dionys

Publié dans #Hybrides et Mélanges

Publié le 15 Mars 2007

  Teknic Old Skool :   Arcold (piste 5 / 6' 10)

                                    Stop crying (p. 9 / 3' 58)
                                           (sans titre, Such prod, 2006)

Peter Ives, David Aknin Aka Akninganing, Robin Notte et Charly Sy Aka Unklebenz sont parisiens sous leurs pseudos, instrumentistes "old skool" avec leur basse, leur violoncelle et leur Fender rhodes, mais voilà, ils jouent plutôt de la drum'n bass, avec un DJ, des scratchs et des synthétiseurs ; ça ressemble aussi à un soul-jazz électro improvisé, à une pochade bourrée d'énergie qui part un peu dans tous les sens et c'est furieusement réjouissant à la longue, c'est pourquoi les revoilà dans l'émission ! Baudelaire et quelques autres se retrouvent les otages d'un collage très slammé, "Pirate", second titre de l'album qui donne le ton : enivrez-vous sans cesse...Les voix d'Irène Morel, M'tiss apportent un contrepoint chaleureux aux rappeuses voix masculines.
Premier CD du quatuor Ethel

Premier CD du quatuor Ethel

Ethel : Be-in (p.9 / 8' 51), pour clarinette basse, de  Evan Zyporin
                      (sans titre, Cantaloupe 2003)
 
   Ce jeune quatuor new-yorkais célèbre toutes les nouvelles musiques avec fougue, dépoussiérant l'image du quatuor à cordes comme le fait si magistralement depuis plus de vingt ans le Kronos Quartet. 

    On reparlera de ces musiciens.

Ci-dessous en fausse vidéo, un très beau titre du compositeur Phil Kline. C'est la première partie d'un cycle de quatre pièces.

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Publié le 15 Mars 2007

(Article remis en page + illustrations sonores / Proposition du 11/03/07, première partie)

Phelan Sheppard : The Plantagenet whore (piste 6 / 1' 39)
                                     Oriental star       (p.7 / 6' 05)
                                     Parachute seeds (p.8 / 2'18)
         extraits de Harps old master (Leaf label, 2006)

  Sous leurs propres noms associés, Keiron Shelan et David Sheppard, - déjà membres de State Rive Widening, groupe qui a trois albums à son actif, et de la formation Ellis Island Sound, signent un album superbe et singulier, l'un des disques du moment (voire la pochette dans l'article du 23 février). Les mélodies sont envoûtantes, volontiers cycliques, tissées de claviers parmi lesquels on retrouve les harpes du titre, de guitares acoustiques, xylophone, percussions,  tous joués par le duo, auxquels il faut ajouter le violon et l'alto de Josh Hillman, du goupe The Willard Grant Conspiracy,  la voix de la chanteuse espagnole Ines Naranjo sur deux titres, la trompette, le moog bass et les machines de Guy Fixsen. Un soupçon de sonorités électroniques achève de donner à l'ensemble un soyeux rêveur, une musicalité enchanteresse qui nous plonge dans les méandres brumeux du temps. David Sheppard, également journaliste du magazine Mojo, devrait publier dans le courant de l'année une biographie de... Brian Eno !
Phelan Sheppard / Hommage à Hans Otte : résonances cycliques

Hans Otte : Partie V (p.5 / 5'30)
                      Partie VI (p.6 / 3'42)
                      Partie VII (p.7 / 11'25)
         extraits de Das Buch der Klänge
         Piano : Herbert Henck
(ECM New Series, 1999)      
              orient : occident (p.2 / 14'28), pour hautbois, clarinette et bande magnétique
      extrait de maximum : minimum / orient : occident
       (Pogus Productions, 2005)

  Né en 1926, Hans Otte a étudié en Allemagne, en Italie et aux Etats-Unis, a été titulaire de plusieurs bourses et a vu son oeuvre récompensée par plusieurs prix de composition. Il a été le directeur de la musique à Radio Brême de 1959 à 1984. Pianiste, il interprète ses oeuvres partout dans le monde. Il collabore aussi à des mises en scènes expérimentales associant le son, la langue, l'image et le geste.Son cycle pour piano, Das Buch der Klänge, "Le Livre des Sons" est dédié à "tous ceux qui veulent être tout près des sons, et qui, à la recherche du son des sons, du secret de la vie tout entière, trouvent et retrouvent à résonner en eux-mêmes". Constitué de douze parties, d'une durée totale de plus de 70 minutes, celui-ci est construit en voûte, offrant une architecture équilibrée, aérée qui permet au piano de réfléchir le monde. Selon le compositeur , "le piano redevient instrument de résonance et de silence, révélant toutes ses possibilités techniques, dynamiques, teintes et sonorités". L' oeuvre propose une expérience d'écoute rare, entre minimalisme, musique ambiante et transcendantalisme, dont on sort régénéré : lent, vibrant, puissant ou tourbillonnant, pulsant, le piano irradie en nous ses ondes bienfaisantes.
  "orient : occident" est extrait d'un disque plus récent, moins facile d'accès sans doute en raison d'un morceau de plus de quarante minutes qui associe deux organistes à un environnement sonore, une mise en espace dont l'enregistrement ne peut rendre compte. Dans le titre proposé, on retrouve cette écoute si attentive des sons qui caractérise Otte et qui fait penser à la démarche ascétique, radicale, d'un Giacinto Scelsi. J'attends avec impatience l'enregistrement du Stundenbuch, "Livre d'heures", oeuvre monumentale en 48 mouvements achevée en 1998 après sept ans de travail, donnée en première la même année à Amsterdam.

Pour aller plus loin :

- l'intégrale du cycle Das Buch der Klänge par le pianiste Nicolas Horvath, en concert à Kiev

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Rédigé par dionys

Publié dans #Hybrides et Mélanges

Publié le 23 Février 2007

Yvar Mikhashoff plays Alvin Curran - Piano Works

Yvar Mikhashoff plays Alvin Curran - Piano Works

(Article remis en page + illustrations sonores )

Le programme est un hommage à un ancien animateur de radio, producteur d'une passionnante émission consacrée aux musiques contemporaines et baptisée, si je me souviens bien, "Jardins suspendus" : Michel C., qui se reconnaîtra ici, a malheureusement émigré vers Paris, après quelques émissions mémorables réalisées ensemble. Outre la découverte fondamentale de Arvo Pärt, je lui dois aussi celle de Frédéric Lagnau, dont il sera question plus loin et plus tard dans ce blog.
Alvin Curran : The Last Acts of Julian Beck (pistes 1 à 3 / 21' )
  extrait de For Cornelius, etc.., piano : Yvar Mikhashoff (Mode, 1995)
Un disque de piano essentiel, interprété par le grand Yvar !


Frédéric Lagnau : Prélude (de P.Szymanski, p.15 / 1' 42)
                                   Prélude n°16 (de D. Shostakovich, p.16 / 0' 52)
                                   ça va sans dire (de F. Lagnau, p.17 / 3' 52 )
    extraits de Jardins cycliques (Lycaon, 1998)
Un autre disque de piano essentiel, qu'on ne se lasse pas de réécouter . C'est lui qui a fourni le titre de l'article, car il nous propose plusieurs types de jardins, associant compositeurs du passé et d'aujourd'hui.

Jardins d'oubli : Alvin Curran / Yvar Mikhashoff / Frédéric Lagnau

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Rédigé par dionys

Publié dans #Alvin Curran, #Le piano sans peur, #Minimalisme et alentours