Publié le 3 Janvier 2008
Publié le 28 Décembre 2007

Qu'il écrive des chansons inspirées par les poèmes que les GI's inscrivaient sur leurs briquets (Zippo songs, 2004) , un remix du Messie de Haendel (Messiah remix, 2004) ou des pages de quatuor à cordes sublimes interprétées par le Quatuor Ethel (chez Cantaloupe, en 2003), Phil Kline est un compositeur new-yorkais qui participe pleinement à l'effervescence artistique de son temps, se rattachant à la mouvance de Bang On A Can. Originaire de l'Ohio, après des études de littérature à l'Université de Columbia, il s'oriente vers une carrière de musicien, devient une des figures de la scène rock new-yorkaise des annnées 80. Il fonde alors le groupe The Del-Byzanteens avec le cinéaste Jim Jarmusch, collabore avec des photographes, des chorégraphes, fait le tour du monde avec l'ensemble de guitares de Glenn Branca. Depuis, il invente des événements, passe allègrement de la musique de chambre à une symphonie pour 21 ipods, crée des installations sonores interactives. C'est pendant l'hiver 1992 qu'il a l'idée d'une sculpture sonore mouvante. Il enregistre les différentes parties d'une oeuvre sur cassettes que quelques douzaines d'amis vont emporter chacun sur un gros radio-cassette. Tous les marcheurs démarrent leurs appareils en même temps et font le tour de Greenwich Village pendant une nuit de décembre. Unsilent Night est née, se rejoue chaque année avec une musique qui se transforme et une foule toujours plus nombreuse. Cette année, la manifestation prend plus d'ampleur encore, puisqu'elle se déroule entre le premier et le 23 décembre dans 27 villes dont quatre en dehors des États-Unis : Allemagne, Royaume-Uni et Australie voient débarquer les "boomboxes" sur leur sol. Publié en 2001, le disque Unsilent night résulte de plusieurs enregistrements en direct dans les rues de New-York, retravaillés en studio. Entre ambiance et musique électronique, les compositions proposent un univers sonore chaleureux, hanté par des voix multiples (parmi elles, celle d'Alexandra Montano, collaboratrice du Philip Glass Ensemble, présente aussi sur le dernier disque de Maya Beiser) comme de grands hymnes dans les rues enneigées parcourues par des troupeaux aux clochettes tintantes. Apaisant et optimiste, de la lumière dans la grande nuit...
Unsilent Night est paru en 2001 chez Cantaloupe Music
Adorable page d'accueil du site personnel de Phil...
(Nouvelle mise en page + ajout d'illustrations visuelles et sonores )
Publié le 21 Décembre 2007
Inner Cities, d'Alvin Curran : l'un des premiers monuments pour piano du vingt-et-unième siècle. Je reviens sur ce coffret de quatre disques publié en 2005 par le label Long distance, auquel j'avais consacré un premier article le 8 mai 2007. J'ai proposé l'écoute intégrale du troisième disque. Pas question de tronquer, bien sûr : soixante-et-onze minutes pour prendre le temps d'une œuvre... Quelques mots me sont venus en écoutant Alvin, les voici :
Improvisation sur Inner Cities 8 et 9 de Alvin Curran
Ténue rare
tenue t’es nue
Seule égrenée
en chapelets denses
aigrelets profonds solennels
La note sans reproche je l’annote
La note est là, venir de la musique qui délivre le silence
Fin de l’angoisse de la mélodie despotique
Assomption du présent pur
La note la notte
retentit dure
redite et déclinée au déclin du silence
Ostinato soudain
crescendo Bloc Brut de Bruit SATURATION
La note s’étire s’enlace ô délice à pas de nuit le fantôme
de Debussy rôde dans la cathédrale du vertige englouti
Grappes fracassées potentiomètres affolés rouge rouge rouge
raz-de-marée oscillatoire fracture
de l’écorce sonore
La tombée des sons tourbillonne dans le vide avide
chute des notes rebelles nuée d’amour pourpre
biffures de sang harmonique sur les parois de l’âme incendiée
Trou autour du ça ça revient ça insiste s’insinue nue
La note est venue de musique sur le corps du néant
L’accord est intérieur antérieur à toute structure préétablie
il danse sur la corde raide époux du rien qu’il épuise
Dans la nuit des possibles il se lance inlassable et puise
les notes au lasso pour rendre justice au piano
SURGIR poussée de graves en laves indécentes
escalier du diable Eve frémit
sous les touches qui l’attouchent
nue comme les notes la notte
Pouls capricant qui s’accélère
les aigus lacèrent les artères
les basses martèlent la cuirasse des tympans
De la musique avant toute mièvrerie
Refuse l’odieux de la mélodie
ses frisettes de caniche
sa mélancolie l’arme à l’œil
et ses garde-à-vous mielleux à l’ordre
si bien tempéré
La musique est tenue de lumière dans la nuit
où s’entend le doux concassage du cosmos
Inner Cities est paru en 2005 chez Long Distance
Eve Egoyan, pianiste canadienne, est la sœur du cinéaste Atom Egoyan. Elle a déjà interprété le cycle d'Alvin en concert. Elle se consacre plus particulièrement au répertoire contemporain, comme en témoigne son site, où des échantillons sont en écoute. Reinier Van Houdt, pianiste néerlandais, interprète lui aussi de préférence les musiciens contemporains (site en néerlandais, anglais et allemand).
(Nouvelle mise en page + ajout d'illustrations visuelles et sonores )
Publié le 13 Décembre 2007
- Pour savoir presque tout sur La Monte Young, un excellent entretien avec le musicien (en français)
(Nouvelle mise en page + ajout d'illustrations visuelles et sonores )
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En lien possible avec les musiques...
Les Lointains intérieurs : lecture de quelques ghazals de Hafez de Chiraz, extraits de la remarquable édition complète du Divan, la première à paraître en français, due à Charles-Henri de Fouchécour et publiée chez Verdier Poche (2006).

Publié le 7 Décembre 2007
Michael Harrison, d'abord claviériste rock, puis pianiste et improvisateur, a reçu une formation de piano à la fois classique et orientée vers le jazz et a suivi un cursus de composition à l'Université d'Orégon. Sa fascination pour l'intonation juste est liée à son intérêt pour la musique classique du Nord de l'Inde. En 1978, il commence à chanter et à étudier sous la direction du grand chanteur indien Pandit Pran Nath, qui dispense son enseignement à deux musiciens américains appelés à un grand avenir, Terry Riley et La Mounte Young. Il chante alors les ragas en s'accompagnant de la tampura, luth qui émet un bourdon aux harmoniques très riches : cette attention nouvelle aux micro-intervalles l'amène à trouver faux les pianos occidentaux. Dès lors, ses recherches commencent, d'autant que, installé à New-York, il travaille en étroite collaboration avec La Mounte Young, l'un des pionniers du minimalisme, pour préparer l'accordage spécial nécessaire au grand œuvre de celui-ci, son monumental Well-tuned piano, d'une durée de six heures et demie. C'est à ce moment-là, en 1986, qu'il "crée" le piano harmonique, un grand piano conventionnel qui, modifié, permet, en alternant deux accordages distincts, de jouer 24 notes sur une octave. En 1987, il devient l'unique personne autorisée par La Monte Young à interpréter son œuvre. Depuis, Michael Harrison se produit à travers les États-Unis et l'Europe, donnant des conférences et des cours pour présenter l'intonation juste. Il est aussi président de l'Académie américaine de musique classique indienne.
In Flight, sorti en 1987, est idéal pour aborder l'œuvre de Michael Harrison. L'album permet de confronter le piano "traditionnel", accordé selon le principe du tempérament égal sur six titres, et le piano harmonique en intonation juste sur deux titres. La même fougue lyrique, chantante, emporte ces compositions transparentes, aériennes. L'auditeur est pris dans des tourbillons de grâce, des stases mystérieuses, pour célébrer la danse de la Vie. J'ai pensé parfois à un pianiste comme Vassilis Tsabropoulos (cf. article du 11 juillet) lorsqu'il réinvente des hymnes byzantins.
Si vous n'avez pas pesté contre le piano "mal accordé" des deux morceaux en intonation juste, franchissez le pas. From Ancient Worlds, paru en 1992 chez New Albion Records, entièrement pour piano harmonique, est une pure merveille, un voyage de l'âme vers la Beauté absolue. Enregistré dans la cathédrale Saint John The Divine de New-York, le piano devient le vaisseau radieux d'une antique et éternelle quête. Il sonne parfois comme une harpe, comme des cloches. Chaque note est gorgée d'harmoniques qui finissent par tisser un voile de drones, d'échos, comme une mer profonde qui enveloppe la ligne mélodique. Immergé, le corps de l'auditeur rentre en vibration avec les vagues pulsantes de l'irrésistible marée illuminante, avec les plages sillonnées de douces coulées calmes ou fulgurantes; l'esprit s'abandonne et s'abolit dans la splendeur, si loin, si loin des étroites limites du moi, lavé : " Et dès lors, je me suis baigné dans le poème/ (des Harmoniques)infusé d'astres.." L'écoute véritable est chemin mystique vers la Rose...
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Soutenu par La Monte Young et Terry Riley dès ses débuts, Michael Harrison a rencontré aussi Stephen Scott, qui a co-produit l'album ci-dessus et dont je parlerai très bientôt, et il exerce une influence profonde sur les générations suivantes. Cantaloupe, le label de Bang on a Can, ce festival permanent de toutes les musiques inventives fondé en 1987 par Michael Gordon, David Lang et Julia Wolfe, lui rend aujourd'hui hommage en publiant sa dernière œuvre, Revelation, soixante-douze minutes intemporelles. Le même miracle que pour From Ancient Worlds, cette fraîcheur sublime qui arrache l'être tout entier à la contingence de la médiocrité pour le sommer de contempler la multiple Splendeur de la Nécessité inconnue, du grand Mystère qui nous informe et nous traverse trop souvent à notre insu. L'interprétation de ces incroyables "ragas" pianistiques, sans aucun prolongement électronique ou effet de studio, est tout simplement prodigieuse. Je vous reparlerai de Michael Harrison, dont le terrrain d'action ne se limite pas au piano.
In Flight est paru en 1987 chez Fortuna records
From Ancient Worlds en 1992 chez New Albion Records
Revelation en 2007 chez Cantaloupe Music
- le site de Cantaloupe
On peut accompagner les musiques de Michael par une lecture intégrale de Introduction au désert (Obsidiane / Collection "Les Solitudes", 1996) de Gérard Cartier, je vous invite à lire quelques poèmes de cet auteur ici.
(Nouvelle mise en page + ajout d'illustrations visuelles et sonores )
Publié le 30 Novembre 2007
Une petite image pour un disque lumineux, fort, d'une jeune galloise de vingt-trois ans, Nancy Elizabeth, qui sort son premier CD sur le Leaf Label. Elle joue de la harpe celtique à 22 cordes, mais aussi de la guitare acoustique, du dulcimer, du bouzouki, de l'harmonium indien, d'autres instruments pas toujours faciles à identifier, et s'entoure au besoin de violoncelle, cor, guitare électrique (mais oui !) et percussion. Une voix à la Jacqui Mcshee (la chanteuse du mythique groupe folk Pentangle), souple et puissante, limpide et profonde, sert magnifiquement des compositions personnelles aux mélodies évidentes. Si l'inspiration de départ est folk, le résultat n'a rien à voir avec un certain folk figé : aucune mièvrerie, une constante énergie qui nous emporte du côté du rock, de la pop, et l'on peut penser à Phelan Sheppard, ce duo déjà chroniqué ici et également publié par le Leaf label, notamment dans le quatrième titre, The Remote past, aux envoûtantes boucles de harpe relevées par les glissandi de la guitare électrique. 8 Brown Jugs, le sixième titre, est un instrumental qui met en valeur un dulcimer cristallin sur un fond de vagues impressionnantes d'harmonium. Electric, le titre 7, est une ballade élégiaque d'une élégante sobriété terminée par une belle envolée chorale. Hey son, le titre suivant, se développe selon un crescendo rythmé dans la seconde partie par des riffs rageurs de guitare. Un premier disque qui témoigne d'un talent exceptionnel : compositions abouties, agencement intelligent des morceaux, des instruments qui sonnent à merveille, et cette voix, cette voix qui donne parfois des frissons. Ecoutez le titre 11, Lung, qui pourrait évoquer le travail de Jocelyn Pook (altiste et compositrice d'une partie de la bande originale du dernier film de Stanley Kubrick, Eyes wide shut, dont la célèbre scène du bal masqué ). Le dernier titre, d'abord voix et guitare acoustique, ponctué ensuite de percussions discrètes et obsédantes, nous entraîne même...pas si loin de Thom Yorke, et je n'exagère pas, cela vient de me frapper en le réécoutant. A découvrir absolument ! Elle vient de terminer une tournée anglaise en compagnie de Thee, stranded horses (voir article du 10 avril, où je présentais ce français tombé amoureux de la Kora).
Ce serait le dernier opus, en l'occurrence un double album paru en 2004, du grand Harold, maître d'une musique éthérée, mélancolique et méditative, que ses collaborations avec Brian Eno firent connaître d'un large public. Piano brumeux, claviers en nappes vaporeuses sont au rendez-vous d'Avalon sutra, le premier disque, qui présente quatorze pièces parfois très courtes, ciselées comme des esquisses japonaises sur le vide infini. Quelques arrangements de cordes et la présence très inattendue d'un saxophone sopranino sur trois titres élargissent la palette de timbres de ces compositions impeccables, à la rigueur zen. Le second disque est consacré à une longue pièce de plus de soixante minutes, As long as I can hold my breath, remix proposé par Akira Rabelais. Les cordes et les sons électroniques miment une respiration hypnotique que le piano évanescent d'Harold vient hanter par intervalles : la musique devient méditation austère, d'une sérénité implacable. Ennemie du divertissement, dirait Pascal. Pas étonnant que le disque soit paru sur le label samadhisound : revenue des agitations, la musique mène à l'éveil, la supra-conscience...
Battle and Victory de Nancy Elizabeth est paru en 2007 chez The Leaf Label
Avalon Sutra de Harold Budd est paru en 2004 chez samadhisound. Disque reparu sous une autre couverture en 2014.
(Nouvelle mise en page + illustrations sonores )
Publié le 23 Novembre 2007
Cinquième album de Gravenhurst, groupe de Bristol mené par Nick Talbot, The Western Lands ne présente guère qu'un seul défaut, sa relative brièveté, à peine plus de quarante minutes. Entouré du batteur Dave Collingwood, du bassiste Robin Allender et du second guitariste Alex Wilkins, l'anglais chante avec bonheur entre folk et rock sur des mélodies à l'évidente beauté. Comment oublier Song among the pine, ballade folk à la mélancolie sereine, ou She dances, au début électrifié d'une grande élégance acérée, auquel succède un air léger et tournoyant peu à peu envahi par les guitares rageuses ? La voix aérienne de Nick baigne l'album d'une lumière discrètement psychédélique, tant on songerait parfois à Syd Barrett. Tout est juste, sans esbroufe, serti d'accompagnements délicats. Plaisir des guitares électriques jouées en finesse, de la batterie qui offre ses battements avec une retenue pas si fréquente, de la basse presque voluptueuse. Un petit bijou...
Le DJ Finian Greenall, alias Fink, a abandonné ses platines au profit de la guitare. Après Biscuits for breakfast, première surprise folk, il récidive avec Distance and time. Avec un batteur, un bassiste, sa guitare et sa voix caressante et insinuante, il égrène des chansons simples, qui prennent leur temps. Et on revient l'écouter pour comprendre comment il a pu nous accrocher, l'air de rien. De quoi surprendre sur le label électro Ninja tune, non ?
L'émission du 18 novembre a inséré ces trois artistes entre Robert Wyatt et Slow six, déjà chroniqués ici.
Sur nos forces motrices de Dominique A est paru en 2007 chez Cinq 7 Wagram Music
The Western Lands de Gravenhurst est paru en 2007 chez Warp Records
Distance and Time de Fink est paru en 2007 chez Ninja Tunes
(Nouvelle mise en page + illustrations sonores )
Publié le 16 Novembre 2007
Le premier album de Slow Six, dont j'ai chroniqué le second voici peu, vient de ressortir sous une autre pochette (et sur un autre label) que l'originale ci-dessus toujours disponible. C'est l'occasion de découvrir cet ensemble mené par Christopher Tignor, compositeur et concepteur des instruments informatiques qui accompagnent le violon de Maxim Moston, l'alto de Leanne Darling, le violoncelle de Marlan Barry, les guitares électriques de Peter Cressy et Stephen Griesgraber et le piano rhodes de Jeffrey Guimond.
" C'est la tension entre structure et sentiment qui a fourni les fondements de ces œuvres", dit le compositeur, qui ne joue pas de violon comme sur Nor'easter, mais manie son ordinateur pour capter et prolonger au mieux le lyrisme des instruments acoustiques. Rien d'agressivement électronique par conséquent, mais un travail tout en finesse pour une musique au lyrisme tempéré, qui se déploie tranquillement parce qu'elle se sait somptueuse. Le morceau le plus court dure plus de dix-huit minutes, parce que le temps ne presse pas. Chaque note se déguste dans son jus temporel sans avoir peur de chanter, de revenir nous hanter, nous enrouler dans les boucles qu'elle s'amuse à construire et déconstruire avec d'autres. Cordes, guitares électriques et Rhodes s'enlacent et dansent très lentement, soutenus et relancés par un moelleux filet d'électronique. Salomé dut danser sur une telle musique, parmi les volutes odorantes d'encens très anciens.
Je reviens sur ce coffret inépuisable pour proposer des œuvres d'artistes néerlandais contemporains, qui s'inscrivent dans la mouvance de Steve Reich. Le pianiste Jeroen Van Veen accorde à juste titre une place à ses compatriotes, trop peu connus en France. Né en 1951, Jacob ter Veldhuis a commencé sa carrière dans la musique rock, a étudié la composition et la musique électronique. Figure controversée parmi les compositeurs de son pays, il brouille les frontières entre culture populaire et culture savante. Son Postnuclear Winterscenario n°1 enregistré ici est d'un hiératisme impressionnant, fondé pour l'essentiel sur la répétion avec variations d'un motif de quatre notes, avec un climax inquiétant sur la fin quand les notes sont plaquées avec violence, écrasées. Klaas de Vries, né en 1944, est l'un des fondateurs d'un style musical que l'on appelle maintenant École de Rotterdam. La Toccata Americana choisie par Van Veen est plus labile, à base de tourbillons de grappes de notes au pulse plus reichien, progressivement parasités par des notes répétées ostinato.
Pour l'extrait ci-dessous, je signale qu'il commence par deux minutes d'échantillons radio, que vous pouvez passer...la suite est magnifique !
Je reviens sur ce coffret inépuisable pour proposer des œuvres d'artistes néerlandais contemporains, qui s'inscrivent dans la mouvance de Steve Reich. Le pianiste Jeroen Van Veen accorde à juste titre une place à ses compatriotes, trop peu connus en France. Né en 1951, Jacob ter Veldhuis a commencé sa carrière dans la musique rock, a étudié la composition et la musique électronique. Figure controversée parmi les compositeurs de son pays, il brouille les frontières entre culture populaire et culture savante. Son Postnuclear Winterscenario n°1 enregistré ici est d'un hiératisme impressionnant, fondé pour l'essentiel sur la répétion avec variations d'un motif de quatre notes, avec un climax inquiétant sur la fin quand les notes sont plaquées avec violence, écrasées. Klaas de Vries, né en 1944, est l'un des fondateurs d'un style musical que l'on appelle maintenant École de Rotterdam. La Toccata Americana choisie par Van Veen est plus labile, à base de tourbillons de grappes de notes au pulse plus reichien, progressivement parasités par des notes répétées ostinato.
private times in public places de Slow Six est paru en 2004 chez If Then Else Records
Le premier coffret Minimal piano collection est paru en 2007 chez Brilliant Classics. Au piano : Jeroen van Veen
(Nouvelle mise en page + illustrations sonores )
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